Questions-réponses sur les vaccins contre la Covid-19

Vous trouverez sur cette page des réponses aux questions que vous pouvez vous poser sur les vaccins contre le Covid-1. Elles ont été établies sur la base de ‘Vaccins contre la Covid-19 : questions et réponses’ de la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française par Dominique A. Vuitton (Professeur émérite d’Immunologie Clinique, Université de Franche-Comté ; membre correspondant de l’Académie Nationale de Médecine), et les membres du Groupe de Travail ‘Covid-19’ du Conseil Local d’Appui en Santé Publique de la Ville de Besançon.

Comment fonctionnent les vaccins ? Et d’abord, comment répond le système immunitaire quand on rencontre un virus ?

Le système immunitaire se met immédiatement en alerte quand des virus pénètrent dans un individu.

  • La première réaction que les virus déclenchent est l’inflammation. C’est une première défense.
  • On a ensuite une multiplication des cellules du système immunitaire qui reconnaissent les divers constituants du virus. Certaines de ces cellules fabriquent des anticorps. D’autres cellules sont capables de détruire les cellules infectées par le virus. Certaines, enfin, gardent la mémoire de cette première rencontre.
  • Cette série d’évènements prend du temps, et dans l’intervalle des complications de l’infection peuvent survenir. On pourrait dire qu’il y a du retard à l’allumage! Le système immunitaire ne peut pas brûler les étapes…sauf si on le ‘pré-chauffe’ avant la première rencontre avec le virus. C’est le rôle de la vaccination.
  • Les vaccins ‘boostent’ nos défenses immunitaires en leur apprenant à reconnaitre le virus immédiatement comme un ennemi, dès la première rencontre. Après un vaccin, la réponse des défenses immunitaire va plus vite, et frappe plus fort !
Quel est le principe des vaccins contre la Covid-19 ?
  • Comme tous les vaccins, les vaccins contre la Covid ‘boostent’ nos défenses immunitaires en leur apprenant à reconnaitre le virus de la Covid immédiatement comme un ennemi, dès la première rencontre, et à frapper vite et fort.

Vous avez vu des images de ce virus, comme un oursin avec ses piquants ! La protéine S forme les piquants (la ‘couronne’ du coronavirus ; les biologistes parlent de ‘spicules’, d’où le ‘S). Cette protéine S permet au virus d’entrer dans nos cellules.

  • Le vaccin utilise donc cette protéine S. C’est contre elle que le système immunitaire fabrique des anticorps, qui se fixent sur la protéine S du virus, neutralisent le virus, et empêchent le virus d’entrer dans nos cellules. On parle « d’anticorps neutralisants». En plus des anticorps, il y a aussi la formation de cellules immunitaires tueuses, qui reconnaissent les cellules infectées par les virus et qui les détruisent pour éviter d’infecter de nouvelles cellules.
Quels sont les différents types de vaccins contre la Covid-19 ?
  • Il y a les vaccins ‘à l’ancienne’, comme ceux qu’on sait parfaitement fabriquer depuis de nombreuses années. Ces vaccins ont déjà été utilisés à des milliards d’exemplaires contre d’autres maladies infectieuses. Ce sont les vaccins à base de virus inactivé, et ceux qui utilisent des protéines des virus que l’on veut faire reconnaitre par le système immunitaire.
  • Et puis, il y a les vaccins dits ‘modernes’, où on utilise directement le code génétique des protéines, sous forme d’ARN messager, ou d’ADN inséré dans des virus qui ne sont pas responsables de maladie chez l’homme.
  • Ces vaccins ‘modernes’ sont utilisés à grande échelle pour la première fois. Mais ils ont déjà été expérimentés depuis plus de 15 ans pour d’autres virus et d’autres maladies.
Comment sont fabriqués les vaccins ‘à l’ancienne’ ?
  • On peut simplement utiliser un virus qu’on a modifié pour qu’il ne se multiplie pas dans nos cellules : on parle de virus ‘inactivé’. Le système immunitaire reconnait ce virus ‘inactivé’ comme un ennemi, et réagit comme avec le virus ‘vivant’. Mais comme le virus ne peut pas se multiplier, il ne fait pas de mal. C’est, par exemple, le vaccin chinois, déjà utilisé chez des dizaines de millions de personnes.
  • On peut aussi utiliser la protéine S qu’on produit en laboratoire : il y a pour ça plusieurs types de technologie. C’est le mode de fabrication du vaccin Sanofi.
  • Pour que les virus inactivés ou la protéine S soit reconnus comme de vrais ennemis, il faut leur associer un signal de dangerpour le système immunitaire. C’est ce qu’on appelle un adjuvant.
  • Tout le monde a entendu parler des adjuvants, soi-disant responsables de tous les maux ! En fait, dans ces cas, les adjuvants sont indispensables pour que ça marche. Et ils ont été éprouvés et testés sur des milliards de doses d’autres vaccins dans le monde depuis plus de 50 ans.
Comment sont fabriqués les vaccins ‘modernes’ contre la Covid?

Les plus connus des vaccins ‘modernes’ actuellement commercialisés utilisent l’ARN messager.

  • On injecte dans un muscle l’ARN messager qui donne l’ordre à nos cellules de fabriquer la protéine S.
  • La protéine S fait ensuite le même travail que si on l’avait produite en laboratoire puis injectée : elle booste le système immunitaire. Pas besoin d’adjuvant, car il fait déjà partie de la façon dont on ‘emballe’ les ARN messagers pour qu’ils ne soient pas détruits avant leur entrée dans les bonnes cellules ; les signaux de danger sont bien donnés au système immunitaire.

D’autres vaccins utilisent des virus qui n’ont rien à voir avec le coronavirus et qui sont sans risque pour la personne vaccinée.

  • Contre la Covid, c’est le cas du vaccin Astra-Zénéca-Université d’Oxford, qui devrait bientôt être disponible en France, ou du vaccin russe Spoutnik V.
  • Par l’insertion du gène de la protéine S du coronavirus dans ces virus ‘gentils’, on leur fait produire la protéine S.
  • Ces virus ‘gentils’ donnent l’ordre de produire la protéine S en plus de leurs propres protéines quand ils sont injectés. La protéine S fait ensuite le même travail que si on l’avait produite en laboratoire ou à partir d’ARN messager : elle booste le système immunitaire. Pas besoin d’adjuvant, car le virus ‘gentil’ donne quand même suffisamment de signaux de danger au système immunitaire.
Plus précisément, comment fonctionnent les vaccins à ARN messager ?

Les protéines sont des matériaux essentiels à la vie.  Pour donner l’ordre à nos cellules de fabriquer les protéines dont notre corps a besoin à tout instant, notre génome, formé d’ADN qui est dans le noyau de nos cellules, envoie une copie, formée d’ARN, vers la partie périphérique de la cellule, dans des sortes d’usines à protéines. On appelle cette copie, régulièrement détruite et renouvelée, l’ARN messager. C’est ce qui se passe ‘en temps normal’, sans infection par des microbes.

  • Quand nos cellules sont infectées par des virus, les ARN messagers viraux ordonnent à nos cellules de fabriquer de multiples exemplaires des diverses protéines du virus. C’est un ordre que nos cellules comprennent. Comme de bonnes ouvrières, elles font ce que l’ARN messager leur dit de faire ! Avec les protéines virales que nos cellules ont fabriquées, de nouveaux virus sont construits en grand nombre à l’intérieur de nos cellules. C’est grâce à ces nouveaux matériaux que les virus se multiplient dans chaque cellule infectée. Puis ils sortent de la cellule pour en infecter d’autres.
  • Dans le cas des vaccins contre la Covid, comme les vaccins Pfizer ou Moderna, on injecte volontairement l’ARN messager qui fait fabriquer la protéine S en de multiples exemplaires. Seulement la protéine S. Et seulement pendant quelques jours. Cet ARN messager est ensuite détruit par nos cellules, et la protéine n’est plus produite.
  • La protéine S du virus produite pendant quelques jours par nos cellules est reconnue comme étrangère à notre corps. Le système immunitaire se met en ordre de marche pour que notre corps s’en débarrasse.
  • En cas de rencontre avec les ‘vrais’ virus, le système immunitaire reconnait immédiatement la protéine S à la surface des virus. Il lance immédiatement sa riposte contre les virus.
Quelles études ont été faites sur les vaccins à ARN de Pfizer (Comirnaty®) et de Moderna ?
  • Avant l’autorisation d’utiliser à grande échelle les vaccins ‘modernes’ à ARN messager, les laboratoires de recherche ont réalisé des études préliminaires en laboratoire sur la capacité de ces vaccins à déclencher la production de la protéine S, et sur la capacité de cette protéine S elle-même à déclencher une réponse immunitaire protectrice contre la maladie.
  • Cette réponse immunitaire, et la meilleure façon de l’optimiser par le vaccin, ont été ensuite testées chez des volontaires humains (quelques dizaines, puis centaines de personnes).
  • Ensuite, l’efficacité de ces vaccins à prévenir l’apparition de la Covid-19 a été testée sur des dizaines de milliers de personnes dans des pays où le virus circulait activement (USA, Royaume Uni et Brésil, surtout).
Combien de personnes ont-elles été étudiées pour connaitre l’efficacité des vaccins, et quels en sont les résultats ?
  • Près de 45 000 personnes pour le vaccin Pfizer et 30 000 personnes pour le vaccin Moderna ont été suivies plus de 3 mois après la deuxième dose de vaccin, faite à 3 semaines d’intervalle avec la première. Pour chacun de ces vaccins, la moitié des personnes a effectivement reçu le vaccin et l’autre moitié a reçu une injection d’eau salée ; ce groupe est le groupe ‘placébo’, qui est précieux pour définir les effets désirés (efficacité) ou indésirables (de l’inconfort léger, à l’évènement grave) qui ne sont pas dus au vaccin.
  • Les résultats ont montré une efficacité de plus de 90% pour les deux vaccins. Il y a eu 162 cas de Covid parmi les 23 000 personnes à qui on avait injecté de l’eau salée, et seulement 8 parmi les 23 000 personnes vaccinées par le vaccin Pfizer. Pour le vaccin Moderna, c’était 185 contre 11. Dans les deux cas, il y a eu une réduction considérable des formes graves de la maladie. Dans l’étude Moderna, les formes graves, dont un décès, n’ont été vues que dans le groupe non vacciné.
  • Ce sont des résultats excellents, si on se réfère à l’efficacité des vaccins en général. L’efficacité d’une seule dose a aussi pu être montrée, mais elle est inférieure à celle de 2 doses et de plus courte durée. L’efficacité maximale est apportée par la deuxième dose.
  • Dans ces études, il n’y avait pas de différences significatives de protection chez les personnes jeunes ou plus âgées, ou chez les personnes avec diverses pathologies. Cependant, comme les nombres de personnes de plus de 65 ans et de patients atteints de maladies chroniques étaient moins important que celui des personnes jeunes et en bonne santé, il faut attendre les résultats sur de plus grands nombres de vaccinés pour confirmer qu’il n’y a effectivement pas de différences.
Quelles sont les contre-indications à la vaccination ? Le vaccin peut-il être administré aux patients immunodéprimés ou en chimiothérapie ? Et chez les patients qui ont une maladie auto-immune ou une maladie inflammatoire chronique ?
  • Il n’y a pas pour l’instant de contre-indication absolue à la vaccination. Il n’y a pas de risque particulier suggéré chez les personnes avec une diminution de leurs réponses immunitaires, liée à une maladie ou à un traitement (comme la chimiothérapie chez les patients cancéreux, ou les médicaments immunosuppresseurs chez les patients transplantés). Il n’y a aucun élément à partir des publications scientifiques pour contre-indiquer la vaccination chez les patients atteints de maladies auto-immunes ou de maladies inflammatoires chroniques.
  • Au pire, c’est une moins bonne efficacité de la vaccination qui peut être attendue chez les patients immunodéprimés
Est-ce que l’ARN messager du virus qu’on injecte pour vacciner peut fabriquer un virus infectieux complet ou s’intégrer dans notre propre matériel génétique ?

L’ARN messager du vaccin ne fait fabriquer par nos cellules que la protéine S, le constituant des ‘piquants’ de l’oursin (si on prend l’image qu’on avait évoquée plus haut).

  • Impossible avec cet ARN de reconstruire un virus complet.
  • Impossible aussi pour cet ARN de passer dans le noyau de nos cellules.
  • Impossible enfin pour cet ARN de s’intégrer dans notre génome, fait d’ADN : nos cellules ne savent pas transformer l’ARN en ADN ; seuls des rétrovirus en seraient capables, et les reliquats de rétrovirus que nos cellules contiennent ne sont absolument pas fonctionnels (ce sont des fossiles de virus, pas des virus opérationnels).
  • Impossible pour cet ARN de persister longtemps dans nos cellules. Il est rapidement détruit.

Si l’ADN est le chef d’orchestre, l’ARN messager est comme une partition de musique ; à partir de cette partition on peut jouer un morceau bien précis et rien d’autre ; et très rapidement la partition s’autodétruit ! C’est justement la fragilité de l’ARN qui oblige à conserver les vaccins de ce type à -80°.

Qu’est-ce qu’un adjuvant ?
  • C’est un signal pour le système immunitaire qu’il faut répondre à un danger. Sinon, le système immunitaire ne va pas être alerté !
  • Pour être efficace, un vaccin doit absolument comporter d’une façon ou d’une autre un signal de danger, et déclencher une inflammation.
  • Si c’est un virus vivant atténué qui est injecté comme vaccin (par exemple, dans la vaccination contre la rougeole, ou dans les vaccins ‘modernes’ où on injecte un virus ‘gentil’ modifié), c’est le virus lui-même qui donne ces signaux. Pas besoin d’adjuvant.
  • Si c’est l’ARN messager du virus qui est injecté, on « l’emballe » dans des particules de graisse qui le protègent de la destruction dès l’entrée dans notre corps ; elles donnent aussi ce signal de danger.
  • Sinon, pour certains virus inactivés ou l’injection de la protéine S, on utilise un adjuvant dont la sécurité a été confirmée par l’administration de milliards de vaccins dans le passé ; mais ce type de vaccins n’est pas encore utilisé actuellement en France contre la Covid-19.
Est-ce que les réactions inflammatoires aux vaccins sont normales ?
  • Ces ‘signaux de danger’ apportés par les constituants des vaccins sont à l’origine des réactions inflammatoires aux vaccins dans les deux jours qui suivent l’injection. Ces réactions sont ‘normales’ quand elles ne sont pas excessives. Dans la région de l’injection (bras, épaule), elles provoquent la douleur ou la rougeur du bras, plus rarement l’apparition de ganglions dans l’aisselle.
  • Cette inflammation peut aussi se manifester par de la fièvre, de la fatigue, des nausées, des maux de tête, ou des douleurs articulaires et musculaires.
  • Ce ne sont pas des effets ‘indésirables’…mais plutôt des effets ‘désirés’!  Leur intensité est variable selon les individus.
  • C’est le prix à payer pour l’efficacité vaccinale !
Est-ce que les vaccins ‘modernes’, où on injecte le génome de la protéine S, contiennent des adjuvants ? ou des ‘nano-quelque chose’ ?
  • Non, pas d’adjuvant ! Quant au ‘nano’ il veut simplement dire ‘très petit’.
  • Quand c’est l’ARN messager qui est injecté, il est ‘emballé’ dans des gouttelettes de graisses, très petites (d’où le terme de ‘nano-particules’) qui contiennent aussi un produit sans risque, sauf de très très rares allergies, le PEG. Le PEG, presque tout le monde connait, c’est le ‘polyéthylène glycol’, celui qu’on boit par litres pour se préparer à une coloscopie ! Il est aussi présent dans certains médicaments. Et ce sont ces ‘nano-particules’, formées de graisse et de PEG, qui remplacent l’adjuvant. Attention : le terme ‘nano’ ne désigne que leur petitesse…rien à voir avec les nano-robots ou les nano-particules de la science-fiction !
  • Quand c’est un virus ‘gentil’ qui est injecté et qui fabrique la protéine S du coronavirus en plus de ses propres constituants, c’est ce virus lui-même qui donne des signaux de danger au système immunitaire.
L’élaboration des vaccins contre la Covid-19 est particulièrement rapide. Des étapes normales dans l’élaboration des vaccins ont-elles été contournées ?

Non, des étapes normales n’ont pas été contournées, mais plusieurs raisons expliquent pourquoi on est allé aussi vite !

  • D’abord, le virus a émergé en Décembre 2019, mais les travaux sur les coronavirus, et donc sur la préparation d’un vaccin, avaient sérieusement démarré au moment de l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en Chine, en 2003, puis de MERS dans les pays arabes en 2012 ; le risque de voir émerger une autre épidémie avec cette classe de virus était anticipée, même si on ne pouvait pas savoir où et quand elle surviendrait. On savait déjà que miser sur la protéine S était un bon pari pour la vaccination.
  • Ensuite, les nouvelles technologies vaccinales (comme les vaccins à ARN messager, les vaccins à ADN, ou les vaccins utilisant des virus ‘gentils’ modifiés) étaient déjà testées en laboratoire depuis près de 20 ans ; certaines avaient déjà été utilisées dans des études chez l’homme pour d’autres virus (par exemple Zika, la rage…) ; et on savait qu’elles ‘marchaient’ pour les coronavirus.
  • Enfin, on a beaucoup parlé du retard des autorités chinoises à évoquer la pandémie qui commençait dans leur pays. Mais dès Janvier 2020 les chercheurs chinois avaient communiqué le génome du virus aux chercheurs du monde entier, et en particulier les régions qui ‘codent’ la fabrication de la protéine S. L’ARN messager pouvait donc être synthétisé immédiatement. Et cette nouvelle technologie permet d’éviter le long et coûteux processus de fabrication de la protéine dans des laboratoires industriels : chaque vacciné fait sa propre protéine S à partir du code injecté dans le vaccin. C’est une source non négligeable de rapidité de la production.
  • Et surtout, pour aller vite, la recette c’est : plus d’argent, moins de paperasse. Et c’est ce qui s’est passé, à une échelle jamais connue auparavant. Et pourtant, toutes les étapes concernant la sécurité vaccinale ont été respectées. Des institutions internationales indépendantes y ont veillé. Quand un évènement anormal est observé dans une étude, cette étude est momentanément arrêtée. Elle ne peut reprendre que si un comité scientifique indépendant décide que cette observation ne remet pas en cause la sécurité et l’efficacité du vaccin.

Et pourquoi l’industrie pharmaceutique aurait-elle avantage à empoisonner les gens ? On ne peut pas en même temps lui reprocher de vouloir gagner de l’argent avec les vaccins et de vouloir faire faillite en ne les testant pas correctement !

Y-a-t-il eu des morts dans les études des vaccins contre la Covid avant leur autorisation ?

Oui ! mais jamais dus au vaccin.

  • Il faut bien sûr s’attendre à ce que des maladies habituelles, qui n’ont rien à voir avec le vaccin, surviennent après la vaccination comme elles seraient survenues sans vaccination. On appelle ça ‘le bruit de fond’! Il est le même chez les vaccinés et les non-vaccinés. C’est le système de pharmacovigilance qui permettra de déterminer si de tels évènements doivent être attribués au vaccin ou au hasard.
  • Comme on pouvait s’y attendre, sur quelques dizaines de milliers de personnes (la population d’une petite ville française) suivis pendant plusieurs mois, quelques décès ont été observés dans les études : 6 par exemple pour l’étude concernant le vaccin Pfizer : ils étaient 4 dans le groupe ‘contrôle’ qui n’avaient reçu qu’une injection d’eau salée et 2 chez les ‘vrais’ vaccinés. Aucun n’était dû au vaccin…mais à la probabilité statistique qu’il y ait des infarctus, des accidents vasculaires cérébraux, des aggravations de cancers, dans ces populations étudiées et ces tranches d’âge…et même, comme ça a été le cas dans certaines des études publiées, un homicide ou un suicide !
Est-ce que les allergiques ont une contre-indication au vaccin ? Comment repère-t-on et traite-t-on les accidents allergiques qu’on appelle ‘anaphylactiques’ ?

D’abord, il y a ‘allergiques’ et ‘allergiques’ ! On confond souvent

  • l’intolérance, qui peut être n’importe quoi ‘qu’on ne supporte pas’ : le chocolat, le gluten, sa belle-mère !!) et
  • l’allergie, la vraie, qui est une réaction anormale du système immunitaire à un constituant de l’environnement (y compris les animaux), ou de l’alimentation. L’allergie est à l’origine de maladies bien caractérisées, comme l’asthme, le rhume des foins et les autres rhinites allergiques, la dermatite atopique, l’allergie à certains aliments, aux médicaments ou aux piqures de guêpe ou d’abeille…
  • Parmi les réactions allergiques, on distingue aussi les ‘réactions ‘anaphylactiques’ (un mot d’origine grecque introduit par deux savants français, Richet et Portier, au début du 20ème siècle). Dans ce cas, il s’agit de réactions violentes, qui dans les cas habituels surviennent immédiatement après le contact avec un aliment, un médicament, ou le venin d’un insecte, qui donnent un gonflement du visage, mais aussi du larynx, ce qui menace donc la personne d’asphyxie. Ces réactions peuvent donner, à tout moment de leur développement, une baisse très importante de la tension artérielle, jusqu’à l’arrêt du cœur ; dans ce cas on parle de ‘choc anaphylactique’.

D’après les recommandations des sociétés internationales et françaises d’allergologie :

  • Il n’y a pas de contre-indication à la vaccination pour les patients allergiques. Il y a même un intérêt pour les patients asthmatiques qui ont des problèmes respiratoires chroniques à être vaccinés parmi les ‘prioritaires’.
  • Par mesure d’extrême prudence, on peut maintenir une (relative) contre-indication à la vaccination par les vaccins Pfizer et Moderna chez les personnes qui ont fait par le passé un accident anaphylactique caractérisé au PEG ou au polysorbates, ou de façon plus générale à un médicament (diagnostiqué par un médecin, pris en charge aux urgences…).
  • Par prudence, également, il est conseillé de surveiller pendant 30 minutes (et pas seulement 15 comme c’est habituel) les personnes qui ont fait d’autres types de réactions anaphylactiques.
Quels sont les effets indésirables les plus fréquents des vaccins contre la Covid ?
  • De loin, ce sont les réactions inflammatoires qui surviennent et disparaissent dans les 48 heures après l’injection vaccinale. Ces réactions inflammatoires sont plus ou moins marquées selon les individus ; elles sont ‘désirées’ pour l’efficacité du vaccin…même si elles sont indésirables pour la personne vaccinée, quand la douleur est trop importante, ou quand la fièvre est trop élevée (plus de 39°). Dans les études avant commercialisation, 2 évènements considérés comme graves étaient de cette nature, inflammatoire : un cas de lésion de l’épaule (vraisemblablement par injection intra-articulaire par erreur) et un cas d’inflammation des ganglions de l’aisselle.
  • Des paralysies faciales ont été observées dans les études des vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna) : ce type d’effet indésirable grave n’est pas réservé aux vaccins ‘modernes’ ; ce sont des observations très rares, mais faites pour d’autres vaccins. D’où l’attention particulière portée à ce type d’évènement. Ces paralysies disparaissent généralement comme elles sont apparues, sans séquelles. Dans les études sur les vaccins anti-Covid, leur nombre n’a pas dépassé ce qui pouvait survenir dans la population générale, en dehors de toute vaccination. Mais c’est un évènement qui est très soigneusement suivi par le système de surveillance nationale des vaccins.
  • Le Centre de Contrôle des Maladies américain a analysé en détail ce qui s’est passé chez près de 2 millions de vaccinés; parmi les évènements un peu plus fréquents que ce qui avait été observé pendant les études réalisées avant commercialisation, il n’a noté que quelques cas de réactions anaphylactiques. Ces réactions surviennent dans la demi-heure qui suit l’injection du vaccin. Il y a eu 1 accident anaphylactique pour 100 000 injections de vaccins (statistiquement, on peut donc en attendre une sur toutes les personnes qui seront vaccinées à Besançon !). Le protocole de traitement de ces réactions est bien connu et très bien codifié. Les centres de vaccinations sont évidemment équipés pour faire face à ce type d’accident.
Quelle est la durée de surveillance nécessaire pour établir la sécurité d'un vaccin ?
  • Les effets indésirables des vaccins surviennent dans les quelques jours, et au maximum dans les 6 semaines suivant la vaccination. On peut noter une exception : des narcolepsies (une maladie neurologique qui se manifeste par des endormissements anormaux) ont été observés après certains vaccins de la grippe H1N1 pandémique de 2009 en moyenne 10 semaine après l’injection. Par précaution, on allonge la durée de surveillance jusqu’à 6 mois, bien qu’il soit très improbable que des évènements surviennent aussi tardivement.
  • Il faut rappeler qu’au 11 janvier 2021, plus de 10 millions de personnes ont reçu au moins une dose de vaccin à ARN dans les pays occidentaux qui l’ont utilisé. Dans la limite de l’analyse des données disponibles, aucun effet indésirable à distance de l’injection non vu dans les études faites avant l’utilisation des vaccins à grande échelle, n’a été rapporté.
Une fois le vaccin approuvé par l’Agence européenne du médicament, la surveillance des événements indésirables va-t-elle s’arrêter ?
  • Non, au contraire elle va s’intensifier sur la base de l’observation des personnes vaccinées. Ce suivi sera fait en France systématiquement chez tous les vaccinés. Même si certaines affaires d’effets indésirables à des médicaments ont fait la une des médias dans le passé, la France est actuellement un des pays qui a une des meilleures surveillances des effets indésirables de tous les produits utilisés dans le cadre des soins et de la santé en général. Pour toutes ces surveillances, qu’on appelle des ‘vigilances’, il y a un site internet unique, le portail des vigilances ( https://signalement.social-sante.gouv.fr/psig_ihm_utilisateurs/index.html#/accueil ). Pour y accéder, il suffit d’entrer ‘portail des vigilances’. Tout le monde peut déclarer un cas, s’il en a connaissance, pas seulement les professionnels de santé. On parle de pharmaco-vigilance pour les médicaments et les vaccins, d’hémo-vigilance pour les produits sanguins, de matério-vigilance pour les matériels chirurgicaux et autres dispositifs médicaux, de nutri-vigilance pour les compléments alimentaires… Il est peut-être utile de signaler aussi qu’actuellement il y a plus d’effets indésirables graves, y compris certains qui entrainent la mort, après consommation de compléments alimentaires qu’après vaccination !
Y a-t-il un danger ou au contraire un intérêt à vacciner quelqu’un qui déjà eu la COVID-19 ou qui a été infecté par le SARS-CoV-2 sans le savoir ?

Dans les études concernant les vaccins, il y avait des patients qui ont déclaré la maladie juste après la vaccination ; ils avaient donc été infectés juste avant la vaccination.

  • Il n’y a pas eu d’effet indésirable particulier. Même si le nombre de ces patients n’est pas très grand, le risque théorique d’avoir plus de problèmes avec le vaccin dans cette situation est extrêmement faible.
  • Il n’est pas possible actuellement de répondre à la question : « Y-a-t-il intérêt à vacciner des personnes qui ont fait une Covid sans symptômes ou très ‘légère’, ou qui sont en incubation possible de la maladie ». En France, les personnes ayant fait la maladie ne sont pas prioritaires, mais il pourra être envisagé de les vacciner quand la population prioritaire l’aura été. Il est préférable de ne pas vacciner trop tôt après la Covid. Un délai de 6 mois au moins semble raisonnable.
  • Au Royaume Uni, quand une exposition au virus est possible, on vaccine et on vaccine l’entourage. Cette attitude est suggérée par certains résultats des études du vaccin Moderna. Il sera intéressant de suivre les résultats anglais obtenus par cette vaccination chez des personnes à haut risque de contamination très récente. On ne pourra juger de la protection contre des formes avec symptômes, et surtout des formes graves, chez ces personnes-là, qu’en étudiant de très grands nombres de personnes vaccinées dans cette situation.
Est-on mieux immunisé par l’infection naturelle que par le vaccin ?

Il est vraisemblable que le vaccin provoque une immunité plus solide que la maladie Covid sans symptôme ou « légère ».

  • Pour le moment, l’immunité donnée par le vaccin semble aussi forte et durable que celle qu’on voit chez les patients qui ont fait des formes graves. Mais le recul actuel (qui n’est que de quelques mois) ne permet pas de dire quelle est la durée moyenne de l’immunité après le vaccin. En plus, ça dépend de ce qu’on regarde : il n’est pas sûr que se focaliser sur les anticorps soit le plus pertinent. Il faut étudier d’autres aspects de l’immunité. C’est ce qui est en train d’être fait actuellement par des études scientifiques.
  • On a des exemples de vaccinations qui protègent beaucoup mieux que l’infection naturelle: c’est le cas en particulier du tétanos, où on vaccine systématiquement les patients qui ont fait cette maladie, car l’infection par le bacille tétanique n’apporte pas de réponse immunitaire durable, alors que la toxine tétanique modifiée qui est dans le vaccin le fait magnifiquement bien !
Les vaccins peuvent-ils augmenter le risque de forme grave de Covid-19 ?

C’est une hypothèse qu’on ne pouvait pas écarter initialement, car il y a quelques exemples pour d’autres maladies, comme la dengue, une maladie virale d’Asie et d’Amérique du Sud.

  • Ce risque a donc fait l’objet d’une attention particulière au cours du développement des vaccins contre le SARS-CoV-2. Les résultats des études sont clairs : il y a moins de formes graves chez les vaccinés ; pas plus!
  • Mais, bien-sûr, comme d’autres effets hypothétiquement possibles, c’est surveillé dans le cadre de la pharmacovigilance en vie réelle, depuis que la vaccination se fait à grande échelle.
Est-ce qu’on peut se dispenser des ‘gestes barrières’ dès qu’on a reçu la première dose de vaccin ?
  • SURTOUT PAS !
  • Ce qui est sûr, c’est que la personne vaccinée est protégée contre la maladie, à titre personnel, 1 mois après la deuxième dose.
  • Ce qu’on ne sait pas encore, c’est si la vaccination complète (avec ses 2 doses) empêche le virus d’envahir notre gorge et notre nez, donc si elle empêche aussi la contagion.
  • Et pour la protection personnelle, comme pour la prévenir la contagion, une seule dose est insuffisante.
  • En attendant que la plupart des personnes soient complètement vaccinées, les gestes barrière s’imposent !
En atteignant un certain seuil de couverture vaccinale, limitera-t-on la circulation de la maladie ?
  • Pour le moment, le but de la vaccination est d’abord de protéger les personnes les plus à risque de faire des formes graves de la maladie. Par conséquence, on allégera aussi la charge des établissements hospitaliers qui les prennent en charge ! C’est cette protection individuelle qui a été prouvée par les études qui ont été faites sur quelques dizaines de milliers de personnes avant l’autorisation des vaccins.
  • Ces études ne permettaient pas de répondre à la question de la prévention de la contamination par le virus dans la population. Ils ne répondent pas non plus à la question de la couverture vaccinale, c’est-à-dire « combien faut-il de vaccinés et d’anciens malades pour que le virus ne circule plus ? ».
  • C’est l’observation des prochains mois avec le développement de la vaccination à grande échelle qui permettra de répondre à ces questions.
Les mutations (anglaise, australienne…et à venir) ont-elles des conséquences sur l’efficacité des vaccins ?

Les mutations sont des ‘variations’ dans les gènes d’un virus. Ces mutations (inévitables) sont d’autant plus fréquentes que ce virus se multiplie et circule beaucoup dans les populations. Les mutations se répercutent automatiquement dans l’ARN messager, et donc dans les protéines du virus.

  • Si ces mutations touchent surtout la protéine S, il y a un risque théorique d’inefficacité des vaccins qui sont basés sur cette protéine S. Pour le moment, les travaux de laboratoire indiquent que les défenses immunitaires boostées par la vaccination restent efficaces contre les nouvelles protéines S mutantes de la plupart des virus variants.
  • Le système immunitaire est fait pour jouer la sécurité ; pour le système immunitaire, c’est la loi ‘de la ceinture et des bretelles’ ! Chaque personne fabrique des milliers de cellules et des centaines d’anticorps différents contre cette seule protéine ; on ne fabrique pas ‘un anticorps contre le virus’, ou ‘un anticorps contre la protéine S’, mais ‘une mosaïque d’anticorps’. Avec cette mosaïque d’anticorps, il y a de grandes chances que les zones modifiées par les mutations soient ‘couvertes’ par les anticorps qui reconnaissent des zones voisines de la protéine S.
  • Mais, c’est vrai qu’une modification trop importante pourrait permettre au ‘nouveau’ virus d’échapper à la protection vaccinale. C’est ce qui se passe régulièrement pour les virus de la grippe. Donc on fait des nouveaux vaccins tous les ans…Ce pourrait être le cas pour le virus variant ‘sud-africain’ ou le variant ‘brésilien’. Mais ça n’est pas encore vraiment démontré.
Pour les vaccins contre la grippe, il faut des mois pour adapter les nouveaux vaccins aux nouveaux virus : ça serait la même chose pour les vaccins anti-Covid ?

Un des avantages des vaccins à ARN, c’est la capacité des laboratoires à synthétiser ‘à la demande’ et très rapidement de nouveaux ARN messagers ‘copie conforme’ des nouveaux virus mutants.

  • Les nouveaux vaccins contiendront un ARN ‘mutant’.
  • Et nos cellules feront alors leur boulot d’ouvrières zélées et bornées : elles fabriqueront la nouvelle protéine du nouveau virus, et le système immunitaire s’adaptera automatiquement !
  • On pourra même adapter les vaccins aux zones géographiques concernées, si c’est nécessaire.
Devra-t-on se faire vacciner tous les ans comme pour la grippe ?

Ça va dépendre de :

  • la durée de la protection par le vaccin. Et aussi de
  • l’apparition de mutants qui échapperaient à la protection vaccinale ‘de l’année d’avant’. Ça dépendra aussi
  • du caractère saisonnier ou non de l’infection (pour le moment, on a l’impression d’une certaine recrudescence avec le froid, mais ça n’est pas totalement clair).

Et pour le moment, on n’en sait rien sur le long terme, il faut bien l’avouer !

Quel est le délai à respecter entre le vaccin Covid et un autre vaccin ?

Pour le moment, on considère qu’il est préférable d’avoir un délai de 14 jours entre le vaccin Covid et un autre vaccin.

  • Ce délai n’est pas motivé par des raisons d’efficacité. L’administration concomitante de plusieurs vaccin renforce souvent l’efficacité, mais dans le cas actuel, on n’a pas de données suffisantes pour le dire.
  • Ce délai est surtout imposé pour pouvoir différencier d’éventuels effets indésirables qui pourraient survenir après l’un ou l’autre des deux vaccins ; donc pour simplifier la situation en cas de problèmes.
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