Questions-réponses sur les vaccins contre la Covid-19

Vous souhaitez mieux comprendre le rôle des vaccins et en particulier les vaccins à ce jour disponibles pour mettre fin à la pandémie de COVID-19 ? Le Groupe de Travail ‘Covid-19’ du Conseil Local d’Appui en Santé Publique (CLASP) de la Ville de Besançon vous apporte des réponses scientifiques claires.
Sur les réseaux sociaux et dans certains médias, des questions au sujet de la rapidité de fabrication des vaccins, de la durée de protection ou encore des effets indésirables des vaccins ou de la nécessité de rappels sont régulièrement soulevées. Ces questions sont légitimes et nous espérons que les explications données éclaireront votre choix.
Le CLASP pense que beaucoup de citoyens de notre agglomération sont à la recherche de ce type d’informations, rarement rassemblées sur un même site. Si vous avez d’autres questionnements sur le COVID-19 (vaccination, virus, maladie Covid…), qui n’auraient pas déjà été abordés par les nombreuses questions/réponses rédigées par le CLASP, un formulaire est à votre disposition afin que les spécialistes de chaque domaine abordé puissent vous répondre.
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Questions-réponses sur les vaccins contre le Covid-19

Document établi initialement en Janvier 2021 sur la base de ‘Vaccins contre le Covid-19 : questions et réponses’ de la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française. Actualisation en Avril, Juin et Septembre 2021, d’après des publications scientifiques internationales validées et les données épidémiologiques de Santé Publique France.

Version actualisée le 6 janvier 2022

La réponse immunitaire contre les virus. Les vaccins : boosteurs de réponse immunitaire

Comment répond le système immunitaire quand on rencontre un virus ?

Le système immunitaire se met immédiatement en alerte quand des virus pénètrent dans un individu.

  • La première réaction que les virus déclenchent est l’inflammation. C’est une première défense.
  • On a ensuite une multiplication des cellules du système immunitaire qui reconnaissent les divers constituants du virus. Certaines de ces cellules fabriquent des anticorps. D’autres cellules sont capables de détruire les cellules infectées par le virus. Certaines, enfin, gardent la mémoire de cette première rencontre.
  • Cette série d’évènements prend du temps, et dans l’intervalle des complications de l’infection peuvent survenir. On pourrait dire qu’il y a du retard à l’allumage! Le système immunitaire ne peut pas brûler les étapes…sauf si on le ‘pré-chauffe’ avant la première rencontre avec le virus. C’est le rôle de la vaccination.
  • La réponse immunitaire peut s’éteindre – ou plutôt de s’endormir- avec le temps, que ce soit après une infection ou après un vaccin. C’est le rôle des ‘rappels’ de la réveiller. Cet ‘endormissement’ est plus ou moins rapide selon les microbes (très long pour les virus des hépatites, beaucoup plus court pour le Covid), les vaccins (très long pour le vaccin anti-tétanique, beaucoup plus court pour le Covid), et les personnes concernées (par exemple plus lent chez les jeunes que chez les vieux quand la vaccination est récente, sans rappels)
Comment fonctionnent les vaccins ?

Les vaccins ‘boostent’ nos défenses immunitaires en leur apprenant à reconnaître le virus immédiatement comme un ennemi, dès la première rencontre. Après un vaccin, la réponse des défenses immunitaire va plus vite, et frappe plus fort !

Qu’est-ce qu’un adjuvant ?

Tout le monde a entendu parler des ‘adjuvants’, que l’on dit responsables de tous les maux associés aux vaccins !

  • En fait, un adjuvant (on pourrait dire plus simplement un ‘aidant’) est un signal pour le système immunitaire qu’il faut répondre à un danger. Sinon, le système immunitaire ne va pas être alerté !
  • Pour être efficace, un vaccin doit absolument comporter d’une façon ou d’une autre un signal de danger, et déclencher une inflammation.
  • Si c’est un virus vivant atténué qui est injecté comme vaccin (par exemple, dans la vaccination contre la rougeole, ou dans les vaccins ‘de nouvelle génération’ où on injecte un virus ‘gentil’ modifié), c’est le virus lui-même qui donne ces signaux. Pas besoin d’adjuvant.
  • Si c’est l’ARN messager du virus qui est injecté, on « l’emballe » dans des particules de graisse qui le protègent de la destruction dès l’entrée dans notre corps ; elles donnent aussi ce signal de danger. Donc dans ce cas : pas d’adjuvant non plus!
  • Sinon, pour les vaccins faits à partir de certains virus inactivés ou faits de protéines fabriquées en laboratoire, on utilise un adjuvant dont la sécurité a été confirmée par l’administration de milliards de vaccins dans le passé ; mais ce type de vaccins n’est pas encore utilisé actuellement en France contre le Covid-19. Il n’y a donc pas d’adjuvant dans les vaccins anti Covid autorisés et utilisés en France en automne 2021.
Quel est le principe des vaccins contre le Covid-19 ?

Comme tous les vaccins, les vaccins contre le Covid ‘boostent’ nos défenses immunitaires en leur apprenant à reconnaître le virus du Covid (le SARS-Cov-2) immédiatement comme un ennemi, dès la première rencontre, et à frapper vite et fort.
On connait bien maintenant les images de ce virus, comme un oursin avec ses piquants ! La protéine S forme les piquants (la ‘couronne’ du coronavirus ; les biologistes parlent de ‘spicules’, d’où le ‘S). Cette protéine S permet au virus d’entrer dans nos cellules.
Le vaccin utilise donc cette protéine S. C’est contre elle que le système immunitaire fabrique des anticorps, qui se fixent sur la protéine S du virus, neutralisent le virus, et l’empêchent d’entrer dans nos cellules. On parle « d’anticorps neutralisants». En plus des anticorps, il y a aussi la formation de cellules immunitaires tueuses, qui reconnaissent les cellules infectées par les virus et qui les détruisent pour éviter d’infecter de nouvelles cellules.

Les vaccins contre le covid-19

Quels sont les différents types de vaccins contre le Covid-19 ?

Il y a les vaccins ‘ancienne génération’, comme ceux qu’on sait parfaitement fabriquer depuis de nombreuses années. Ces vaccins ont déjà été utilisés à des milliards d’exemplaires avec une grande efficacité contre d’autres maladies infectieuses. Ce sont les vaccins à base de virus atténués (ils ne donnent plus de maladie) ou inactivés (ils ne peuvent plus se multiplier), et ceux qui utilisent des protéines des virus que l’on veut faire reconnaitre par le système immunitaire.
Et puis, il y a les vaccins de ‘nouvelle génération’, où on utilise directement le code génétique des protéines, sous forme d’ARN messager, ou d’ADN inséré dans des virus. Ces virus ‘de transport’ ne sont pas responsables de maladie chez l’homme.
Ces vaccins ‘nouvelle génération’ sont utilisés à grande échelle pour la première fois. Mais ils ont déjà été testés et validés depuis plus de 15 ans pour d’autres virus et d’autres maladies, comme les cancers. Ils sont déjà utilisés depuis plusieurs années en médecine humaine et vétérinaire.

Comment sont fabriqués les vaccins ‘ancienne génération’ ?

On peut simplement utiliser le virus qui est responsable de la maladie contre laquelle on veut protéger, mais qu’on a modifié pour qu’il ne se multiplie pas dans nos cellules : on parle de virus ‘inactivé’. Le système immunitaire reconnait ce virus ‘inactivé’ comme un ennemi, et réagit de la même façon qu’avec le virus ‘vivant’. Mais puisque le virus ne peut pas se multiplier, il ne fait pas de mal. C’est le cas, par exemple, d’un des vaccins chinois contre le Covid-19, déjà utilisé chez des centaines de millions de personnes. Mais l’efficacité de ce vaccin est inférieure à celle des vaccins de nouvelle génération (environ 60%).
On peut aussi utiliser une protéine du virus qui est importante pour la réponse immunitaire et qu’on produit en laboratoire. Pour le virus SARS-Cov-2, il s’agit de la protéine S, celle qui permet aux virus de pénétrer dans nos cellules : il y a pour ça plusieurs types de technologie. Actuellement ce type de vaccin contre le Covid est en cours d’étude clinique (chez Sanofi, par exemple) mais n’est pas encore utilisé contre le Covid-19 en Europe.
Pour que les virus inactivés ou la protéine S soit reconnus comme de vrais ennemis, il faut leur associer un signal de dangerpour le système immunitaire. C’est ce qu’on appelle un adjuvant. Dans ces cas, les adjuvants sont indispensables pour que ça marche. Et ils ont été éprouvés et testés sur des milliards de doses d’autres vaccins dans le monde depuis plus de 50 ans.

Comment sont fabriqués les vaccins ‘de nouvelle génération’, utilisés pour la première fois contre le Covid?

Les premiers des vaccins ‘de nouvelle génération’ à avoir été autorisés et commercialisés contre le Covid en Europe et aux USA utilisent l’ARN messager. Il s’agit des vaccins développés par Pfizer/BioNTech et par Moderna.

  • On injecte dans un muscle l’ARN messager qui donne l’ordre à nos cellules de fabriquer la protéine S.
  • La protéine S fait ensuite le même travail que si on l’avait produite en laboratoire puis injectée : elle booste le système immunitaire.

D’autres vaccins utilisent un virus ‘cheval de Troie’, qui n’a rien à voir avec le coronavirus et qui est sans risque pour la personne vaccinée. Il s’agit du vaccin Astra-Zeneca-Université d’Oxford qui a été autorisé et commercialisé depuis Décembre 2020 au Royaume Uni, et depuis début Février 2021 dans l’Union Européenne ; c’est aussi le cas du vaccin développé par Johnson & Johnson/Janssen, ou du vaccin russe Spoutnik V.

  • Par l’insertion du gène de la protéine S du coronavirus dans ces virus ‘gentils’, on leur fait produire la protéine S.
  • Ces virus ‘gentils’ donnent l’ordre de produire la protéine S en plus de leurs propres protéines quand ils sont injectés. La protéine fait ensuite le même travail que si on l’avait produite en laboratoire ou à partir d’ARN messager : elle booste le système immunitaire.

Dans les deux cas, le matériel génétique qui code la protéine S n’a pas la possibilité de s’intégrer dans notre propre matériel génétique.

Est-ce que les vaccins ‘de nouvelle génération, où on injecte le génome de la protéine S, contiennent des adjuvants ? ou des ‘nano-quelque chose’ ?

Non, pas d’adjuvant ! Quant au ‘nano’ il veut simplement dire ‘très petit’.
Quand c’est l’ARN messager qui est injecté, il est ‘emballé’ dans des gouttelettes de graisses, très petites (d’où le terme de ‘nano-particules’). Dans le cas du vaccin Pfizer, ces particules contiennent aussi un produit sans risque, sauf de très rares allergies, le PEG. Le PEG, c’est le ‘polyéthylène glycol’, celui qu’on boit contre la constipation et même par litres pour se préparer à un examen de l’intestin ! Il est aussi présent dans certains médicaments. Et ce sont ces ‘nano-particules’, formées de graisse et de PEG, qui remplacent l’adjuvant. La composition des particules du vaccin Moderna est un peu différente ; elle ne comporte pas le PEG. Attention : le terme ‘nano’ ne désigne que leur petitesse…rien à voir avec les nano-robots ou les nano-particules de la science-fiction ! Encore moins avec des ‘puces’ espionnes !
Quand c’est un virus ‘gentil’ qui est injecté et qui fait fabriquer la protéine S du coronavirus par nos cellules en plus de ses propres constituants, c’est ce virus lui-même qui donne des signaux de danger au système immunitaire.

Les vaccins a ARN messager contre le covid-19 : pour en savoir plus

Qu’est-ce qui se passe dans nos cellules, normalement et après une infection par un virus ?

Les protéines sont des matériaux essentiels à la vie. Pour donner l’ordre à nos cellules de fabriquer les protéines dont notre corps a besoin à tout instant, notre génome, formé d’ADN qui est dans le noyau de nos cellules, envoie une copie, formée d’ARN, vers la partie périphérique de la cellule, dans des sortes d’usines à protéines. On appelle cette copie, régulièrement détruite et renouvelée, l’ARN messager. C’est ce qui se passe ‘en temps normal’, sans infection par des microbes.
Quand nos cellules sont infectées par des virus, par exemple les virus SARS-Cov-2, responsables du Covid-19, les ARN messagers viraux ordonnent à nos cellules de fabriquer de multiples exemplaires des diverses protéines du virus. C’est un ordre que nos cellules comprennent. Comme de bonnes ouvrières, elles font ce que l’ARN messager leur dit de faire ! Avec l’ARN et les protéines virales que nos cellules ont fabriqués, de nouveaux virus sont construits en grand nombre à l’intérieur de nos cellules. C’est grâce à ces nouveaux matériaux que les virus se multiplient dans chaque cellule infectée. Puis ils sortent de la cellule pour en infecter d’autres.

Comment fonctionnent les vaccins à ARN messager ?

Dans le cas des vaccins contre le Covid, comme les vaccins de Pfizer ou Moderna, on injecte volontairement l’ARN messager qui fait fabriquer la protéine S en de multiples exemplaires. Seulement la protéine S ; et seulement pendant quelques jours. Cet ARN messager est ensuite détruit par nos cellules, et la protéine n’est plus produite.
La protéine S du virus produite pendant quelques jours par nos cellules est reconnue comme étrangère à notre corps. Le système immunitaire se met en ordre de marche pour que notre corps s’en débarrasse.
En cas de rencontre avec les ‘vrais’ virus, le système immunitaire reconnait immédiatement la protéine S à la surface des virus. Il lance immédiatement sa riposte contre les virus.

Quelles études ont été faites sur les vaccins à ARN de Pfizer (Comirnaty®) et de Moderna (Spikevax®) avant leur commercialisation?

Avant l’autorisation d’utiliser à grande échelle les vaccins à ARN messager, les laboratoires de recherche ont réalisé des études préliminaires en laboratoire sur la capacité de ces vaccins à déclencher la production de la protéine S, et sur la capacité de cette protéine S elle-même à déclencher une réponse immunitaire protectrice contre la maladie.
Cette réponse immunitaire, et la meilleure façon de l’optimiser par le vaccin, ont été ensuite testées chez des volontaires humains (quelques dizaines, puis centaines de personnes).
Ensuite, l’efficacité de ces vaccins à prévenir l’apparition de la maladie, Covid-19, a été testée sur des dizaines de milliers de personnes dans des pays où le virus circulait activement (USA, Royaume Uni et Brésil, surtout).

Combien de personnes ont-elles été initialement étudiées pour connaitre l’efficacité des vaccins utilisant l’ARN messager, et quels en sont les résultats ?

Près de 45 000 personnes pour le vaccin Pfizer et 30 000 personnes pour le vaccin Moderna ont été suivies plus de 3 mois après la deuxième dose de vaccin, faite à 3 semaines d’intervalle avec la première. Pour chacun de ces vaccins, la moitié des personnes a effectivement reçu le vaccin et l’autre moitié a reçu une injection d’eau salée ; ce groupe est le groupe ‘placébo’, qui est précieux pour définir les effets désirés (efficacité) ou indésirables (de l’inconfort léger, à l’évènement grave) qui sont dus au vaccin.
Les résultats ont montré une efficacité de plus de 90% pour les deux vaccins. Il y a eu 162 cas de Covid parmi les 23 000 personnes à qui on avait injecté de l’eau salée, et seulement 8 parmi les 23 000 personnes vaccinées par le vaccin Pfizer. Pour le vaccin Moderna, c’était 185 contre 11. Dans les deux cas, il y a eu une réduction considérable des formes graves de la maladie. Dans l’étude Moderna, les formes graves, dont un décès, n’ont été vues que dans le groupe non vacciné.
Ce sont des résultats excellents, si on se réfère à l’efficacité des vaccins en général. L’efficacité d’une seule dose a aussi pu être montrée, mais elle est inférieure à celle de 2 doses et de plus courte durée. L’efficacité maximale est apportée par la deuxième dose. On sait maintenant que ces vaccins peuvent être aussi utilisés en deuxième dose après une première dose de vaccin à vecteur viral (Astra Zénéca et Janssen).

Y-a-t-il des différences d’efficacité selon les populations vaccinées, avec ces vaccins à ARN messager ?

Dans ces études, il n’y avait pas de différences significatives de protection chez les personnes jeunes ou plus âgées, ou chez les personnes avec diverses pathologies. Cependant, comme le nombre de personnes de plus de 65 ans et de patients atteints de maladies chroniques était moins important que celui des personnes jeunes et en bonne santé, il fallait attendre les résultats sur de plus grands nombres de vaccinés pour voir s’il y avait des différences.
On sait maintenant que chez certaines personnes immunodéprimées une troisième dose est nécessaire. On sait aussi que chez les personnes âgées, l’immunité immédiate est presqu’aussi bonne que chez les personnes plus jeunes.
Mais cette immunité contre le virus tend à baisser avec le temps. C’est particulièrement vrai chez les personnes âgées, et surtout très âgées atteintes de diverses maladies. L’observation sur un très grand nombre de vaccinés montre que l’efficacité diminue au-delà de 6 mois après la vaccination. C’est la raison de la préconisation, dès l’automne 2021 en France, d’un rappel vaccinal, 5 mois après la deuxième dose de vaccin. Cette recommandation s’applique actuellement en priorité aux personnes âgées de plus de 65 ans ou à risque de formes graves, mais aussi, depuis le 1er Décembre 2021, à toutes les personnes adultes ayant reçu une deuxième dose depuis plus de 5 mois.

Est-ce que l’ARN messager du virus qu’on injecte pour vacciner peut fabriquer un virus infectieux complet ou s’intégrer dans notre propre matériel génétique ?

L’ARN messager du vaccin ne fait fabriquer par nos cellules que la protéine S, le constituant des ‘piquants’ de l’oursin (si on prend l’image qu’on avait évoquée plus haut).

  • Impossible avec cet ARN de reconstruire un virus complet (c’est un peu comme si on pensait qu’avec de la laine on peut fabriquer un mouton vivant !).
  • Impossible aussi pour cet ARN de passer dans le noyau de nos cellules.
  • Impossible enfin pour ce type d’ARN messager vaccinal de s’intégrer dans notre génome, fait d’ADN : nos cellules ne savent pas transformer l’ARN en ADN ; seuls des rétrovirus en seraient capables. Nos cellules contiennent des reliquats de rétrovirus mais ils ne sont pas fonctionnels (ce sont des fossiles de virus, pas des virus opérationnels). Mais surtout, l’ARN messager utilisé en vaccination a été modifié pour rendre son entrée dans le noyau et l’intégration de son génome dans le nôtre impossible. Le code génétique apporté par l’ARN messager produit en laboratoire ne comporte pas certaines zones indispensables à l’intégration de l’ARN.
  • Impossible pour cet ARN de persister longtemps dans nos cellules. Il est rapidement détruit, en quelques heures.
  • De plus, les cellules qui ont incorporé cet ARN dans leur cytoplasme et produisent la protéine S sont détruites par le système immunitaire quand ce dernier ‘reconnait’ la protéine étrangère virale.

Si l’ADN est le chef d’orchestre, l’ARN messager est comme une partition de musique ; à partir de cette partition on peut jouer un morceau bien précis et rien d’autre ; et très rapidement la partition s’autodétruit ! C’est justement la fragilité de l’ARN qui oblige à prendre des précautions spéciales pour conserver les vaccins de ce type.

Les vaccins a vecteurs viraux contre le covid-19 : pour en savoir plus

Comment fonctionnent les vaccins à vecteurs viraux ?

Cette technologie a été largement explorée depuis une trentaine d’année dans 2 domaines : la vaccination anti-cancer et la vaccination anti-infectieuse. On utilise dans ce type de vaccins un virus qui ne provoque pas de maladie et qui transporte le code génétique du virus qu’on veut combattre. Le but est de déclencher une réponse immunitaire contre un autre virus qui provoque une maladie préoccupante; dans le cas présent, il s’agit du coronavirus qui provoque le Covid-19 provoquée. Le virus utilisé comme transporteur de code est appelé « vecteur viral » : ces vecteurs viraux sont des virus qui infectent les humains ou d’autres primates et ne provoquent que des signes discrets comme le rhume ; de plus ils sont modifiés pour qu’ils ne puissent pas se multiplier dans nos cellules. On a modifié leur génome en y insérant la partie du code génétique qui fait fabriquer la protéine qu’on a choisie. Comme pour les vaccins à ARN messager, dans le cas de la Covid-19, il s’agit du code pour la protéine S.
Pas plus que les vaccins ARN messagers, ces vaccins à vecteurs viraux ne sont capables de faire reconstruire à nos cellules un virus complet.
Une fois que les vecteurs viraux sont injectés, ils entrent dans les cellules de la personne vaccinée, et ils leur délivrent le code qui ordonne à nos cellules de fabriquer la protéine S. La protéine S produite pendant quelques jours par nos cellules est reconnue comme étrangère à notre corps. Le système immunitaire se met en ordre de marche pour que notre corps s’en débarrasse. Comme les vecteurs sont des virus, des signaux de danger sont bien donnés au système immunitaire. La ‘puissance’ de ces signaux pourrait expliquer la plus grande fréquence des réactions immédiates au vaccin.
En cas de rencontre avec les ‘vrais’ virus du Covid-19, le système immunitaire reconnait immédiatement la protéine S à la surface des virus. Il lance immédiatement sa riposte contre les virus.
Le vaccin développé par Astra-Zénéca était prévu pour une administration en 2 doses, et le vaccin Janssen pour une administration en une dose. On recommande maintenant une deuxième dose dans tous les cas. Cette deuxième dose doit être faite avec un vaccin à
ARN messager. L’efficacité du vaccin est augmentée quand on combine les deux types de vaccin. Dans les deux cas, un rappel de vaccin, réalisé avec un vaccin à ARN messager, 5 mois après la deuxième dose, est ensuite recommandé.

Est-ce que le virus utilisé comme ‘vecteur’ pour le vaccin peut donner une maladie au vacciné ?

Les virus utilisés pour ‘transporter’ le codage génétique de la protéine S ont été rendus incapables de se multiplier après leur injection chez le vacciné. Ils servent uniquement de transporteurs ; on parle de ‘vecteurs’. Et au départ, pour éviter tout risque, ces virus ont été choisis parmi ceux qui sont très couramment trouvés dans notre environnement et donnent des maladies très bénignes (généralement, ce sont des adénovirus).
Incapables de se multiplier, ils ne peuvent pas non plus intégrer leur matériel génétique dans nos cellules. Ils sont ‘détruits après usage’.
Ils ne contiennent pas tout le matériel génétique du virus du Covid, mais seulement le codage pour la protéine S. La ‘fabrication du code’ et son insertion dans le virus, en laboratoire, empêchent ce code de s’intégrer durablement dans notre matériel génétique.
Et comme pour les cellules qui ont incorporé l’ARN messager, les cellules qui produisent la protéine S après avoir été ‘infectées’ par les virus vecteurs sont détruites par le système immunitaire quand ce dernier ‘reconnait’ la protéine étrangère virale.

Les contre-indications a la vaccination

Y-a-t-il des contre-indications absolues à la vaccination contre le Covid-19 ?

Les contre-indications absolues, en première intention, à la vaccination contre le Covid-19 sont tout à fait exceptionnelles. Elles concernent les très rares adultes ayant un antécédent de syndrome de fuite capillaire, quelle qu’en soit la cause, et les très rares enfants qui ont développé un inflammatoire multi systémique pédiatrique au cours d’une maladie Covid-19. L’allergie connue à l’un des composants du vaccin, exceptionnelle est une contre-indication relative. Sauf avis allergologique contraire, dans la plupart des cas, une prise en charge allergologique en milieu hospitalier peut permettre de vacciner.
En cas de survenue d’effets indésirables graves qui ont été dûment rapportés à une première injection vaccinale, une contre-indication temporaire ou définitive à la poursuite de la vaccination peut être décidée après discussion médicale approfondie du cas.
Des précisions sont données dans le Décret no 2021-1059 du 7 août 2021 modifiant le décret no 2021-699 du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire.

Peut-on administrer le vaccin aux patients immunodéprimés ?

Il n’y a pas de risque particulier chez les personnes avec une diminution de leurs réponses immunitaires, liée à une maladie ou à un traitement (comme la chimiothérapie chez les patients cancéreux, ou les médicaments immunosuppresseurs chez les patients transplantés).
Au pire, c’est une moins bonne efficacité de la vaccination qui peut être attendue chez les patients immunodéprimés. C’est la raison pour laquelle il est actuellement recommandé de faire une 3ème dose du vaccin chez ces patients. La prescription de cette 3ème injection est faite par le médecin qui suit le patient immunodéprimé, en fonction de la maladie concernée et des traitements administrés. Après cette 3ème dose, l’indication d’un rappel doit être décidée par le médecin spécialiste qui suit le patient immunodéprimé, en fonction de plusieurs éléments propres à chaque patient et à sa réponse au vaccin.

Le vaccin peut-il être administré chez les patients qui ont une maladie auto-immune ou une maladie inflammatoire chronique ?

Il n’y a aucun élément à partir des publications scientifiques pour contre-indiquer la vaccination chez les patients atteints de maladies auto-immunes ou de maladies inflammatoires chroniques, au contraire, la vaccination de ces personnes est recommandée par toutes les sociétés savantes qui les concernent. Mais il vaut mieux éviter les périodes de ‘poussées’ aigües de ces maladies pour administrer le vaccin, quand c’est possible.

Quelles sont les précautions particulières à prendre en cas de troubles de la coagulation ?

Chez les patients sous traitement anti-coagulant, l’injection doit être faite avec une aiguille de petit calibre puis, une fois l’injection faite, il faut exercer une pression ferme au point d’injection sans masser ni frotter pendant au moins 2 minutes. Si un hématome se produit après l’injection, cela n’empêche en aucun cas l’efficacité du vaccin.
Les règles particulières concernant l’injection des vaccins chez les personnes atteintes de maladies congénitales de la coagulation sanguine sont disponibles sur les sites des associations de patients atteints d’hémophilie mhemo.fr/actualites/epidemie-de-sars-cov-2-covid-19-communique-mhemo-vaccination/ . Ces patients sont éligibles à une troisième injection du vaccin dès l’automne 2021.

Les réactions immédiates aux vaccins : allergie et réactions inflammatoires.

Est-ce que les maladies allergiques sont une contre-indication au vaccin ?

D’abord, il y a ‘allergiques’ et ‘allergiques’ ! On confond souvent

  • l’intolérance, qui peut être n’importe quoi ‘qu’on ne supporte pas’ : le chocolat, le gluten, sa belle-mère !!) et
  • l’allergie, la vraie, qui est une réaction anormale du système immunitaire à un constituant de l’environnement (y compris les animaux), ou de l’alimentation. L’allergie est à l’origine de maladies bien caractérisées, comme l’asthme, le rhume des foins et les autres rhinites allergiques, la dermatite atopique, l’allergie à certains aliments, aux médicaments ou aux piqures de guêpe ou d’abeille…
  • Parmi les réactions allergiques, on distingue aussi les ‘réactions ‘anaphylactiques’ (un mot d’origine grecque introduit par deux savants français, Richet et Portier, au début du 20ème siècle). Dans ce cas, il s’agit de réactions violentes, qui dans les cas habituels surviennent immédiatement après le contact avec un aliment, un médicament, ou le venin d’un insecte, qui donnent un gonflement du visage, mais aussi du larynx, ce qui menace donc la personne d’asphyxie. Ces réactions peuvent donner, à tout moment de leur développement, une baisse très importante de la tension artérielle, jusqu’à l’arrêt du cœur ; dans ce cas on parle de ‘choc anaphylactique’.

D’après les recommandations des sociétés internationales et française d’allergologie :

  • Il n’y a pas de contre-indication à la vaccination pour les patients allergiques. Il y a même un intérêt pour les patients asthmatiques qui ont des problèmes respiratoires chroniques à être vaccinés parmi les ‘prioritaires’.
  • Par mesure d’extrême prudence, on maintient une (relative) contre-indication à la vaccination par les vaccins Pfizer chez les personnes qui ont fait par le passé un accident anaphylactique caractérisé au PEG ou au polysorbates, et quel que soit le vaccin utilisé, chez les personnes qui ont une allergie caractérisée à d’autres substances présentes dans ces vaccins (accident diagnostiqué par un médecin, pris en charge aux urgences, accident grave à la première injection de vaccin…). La vaccination peut cependant s’envisager en milieu allergologique spécialisé, à l’hôpital.
Comment repère-t-on et traite-t-on les accidents allergiques qu’on appelle ‘anaphylactiques’ ?

Par prudence, il est conseillé de surveiller pendant 30 minutes (et pas seulement 15 comme c’est habituel) les personnes qui ont fait d’autres types de réactions anaphylactiques graves (à un médicament, à un produit de contraste de radiologie, par exemple).
Tous les centres de vaccination sont équipés du matériel nécessaire pour la prise en charge d’un accident anaphylactique (adrénaline, corticoïdes, oxygène) et des professionnels de santé compétents y sont présents.
Les données les plus récentes montrent que le nombre de réactions anaphylactiques qui n’ont pas pu être traitée simplement sur le site de la vaccination est inférieur à 4 pour un million de vaccinés.

Est-ce que les réactions inflammatoires aux vaccins sont normales ?

Il est vraisemblable que le vaccin provoque une immunité plus solide que la maladie Covid sans symptôme ou « légère ».

Les ‘signaux de danger’ apportés par les constituants des vaccins sont à l’origine des réactions inflammatoires aux vaccins dans les deux jours qui suivent l’injection. Ces réactions sont ‘normales’ quand elles ne sont pas excessives. Dans la région de l’injection (bras, épaule), elles provoquent la douleur ou la rougeur du bras, plus rarement l’apparition de ganglions dans l’aisselle. Elles surviennent généralement 6 à 12 heures après l’injection du vaccin.
Cette inflammation peut aussi se manifester par de la fièvre, de la fatigue, des nausées, des maux de tête, ou des douleurs articulaires et musculaires (‘courbatures’, comme dans la grippe).
Ce ne sont pas des effets ‘indésirables’…mais plutôt des effets ‘désirés’!  Leur intensité est variable selon les individus. Les réactions importantes sont statistiquement plus fréquentes chez les vaccinés jeunes que chez les vaccinés âgés, et plus fréquentes après vaccination par les vaccins à vecteur viral qu’après vaccination par les vaccins à ARN messager.
C’est un petit prix à payer pour l’efficacité vaccinale ! Les réactions disparaissent toujours après 48 heures ; dans presque tous les cas elles se traitent simplement par du paracétamol (sans dépasser 1 gramme toutes les 6 heures chez l’adulte) ; en cas de grande intensité des symptômes ou de fièvre supérieure à 39°C ou de prolongation des symptômes après le 3ème jour, il est recommandé d’appeler son médecin traitant.

Est-ce qu’on peut prévenir les réactions au vaccin en prenant du paracétamol avant la vaccination ?

La prise de paracétamol avant ou au moment de l’injection n’est pas préventive de la réaction inflammatoire. Dans la mesure où il est impossible de prédire qui aura ou non des symptômes gênants après l’injection du vaccin, il est inutile de prendre du paracétamol « d’avance », alors que dans la majorité des cas, il n’y aura aucune réaction ou une réaction très minime (endolorissement au point d’injection du vaccin).
La prise de médicaments ‘anti-douleur’ qui ont aussi une activité anti-inflammatoire (aspirine, ibuprofène, fénoprofène, kétoprofène) est contre-indiquée : s’opposer à la réaction inflammatoire indispensable à la bonne efficacité du vaccin n’est pas vraiment une bonne idée !

Peut-on faire du sport après une vaccination contre le Covid-19 ?

Il n’y a pas de contre-indication à faire un exercice physique modéré dans les jours qui suivent la vaccination.
Il est recommandé cependant d’éviter les sports ‘à risque’ (haute montagne, escalade, plongée, parachutisme…) car les malaises ou une poussée de fièvre rapide, ne sont pas rares dans les 48 heures après la vaccination : mieux vaut éviter de se trouver dans une situation périlleuse !
Enfin, l’exercice physique intense (sport de compétition, marathon, triathlon…) n’est pas recommandé non plus : le système immunitaire ‘pompe’ sur les réserves des muscles pour mettre en place ses unités de combat ! ça explique d’ailleurs les courbatures parfois ressenties dans les deux jours qui suivent la vaccination.

Les conditions de « mise sur le marché » des vaccins contre le covid-19

L’élaboration des vaccins contre le Covid-19 a été particulièrement rapide. Des étapes normales dans l’élaboration des vaccins ont-elles été contournées ?

Non, des étapes normales n’ont pas été contournées, mais plusieurs raisons expliquent pourquoi on est allé aussi vite !

  • D’abord, le virus a émergé en Décembre 2019, mais les travaux sur les coronavirus, et donc sur la préparation d’un vaccin, avaient sérieusement démarré au moment de l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en Chine, en 2003, puis de MERS dans les pays arabes en 2012 ; le risque de voir émerger une autre épidémie avec cette classe de virus était anticipée, même si on ne pouvait pas savoir où et quand elle surviendrait. On savait déjà que miser sur la protéine S était un bon pari pour la vaccination.
  • Ensuite, les nouvelles technologies vaccinales (comme les vaccins à ARN messager, les vaccins à ADN, ou les vaccins utilisant des virus ‘gentils’ modifiés) étaient déjà testées en laboratoire depuis près de 20 ans ; certaines avaient déjà été utilisées dans des études chez l’homme pour d’autres virus (par exemple Zika, la rage,…) mais aussi contre le cancer ; et elles étaient déjà commercialisées pour plusieurs vaccins anti-infectieux en milieu vétérinaire (pour des maladies des chevaux, des porcs, des poulets, des saumons d’élevage…) et on savait qu’elles ‘marchaient’ pour les coronavirus (elles avaient été testées sur les virus SARS-Cov-1 et MERS).
  • Enfin, on a beaucoup parlé du retard des autorités chinoises à évoquer la pandémie qui commençait dans leur pays. Mais dès Janvier 2020 les chercheurs chinois avaient communiqué le génome du virus aux chercheurs du monde entier, et en particulier les régions qui ‘codent’ la fabrication de la protéine S. L’ARN du virus, et son ‘double’ sous forme d’ADN, ainsi que son ARN messager pouvaient donc être synthétisés immédiatement. Et cette nouvelle technologie permet d’éviter le long et coûteux processus de fabrication de la protéine dans des laboratoires industriels : chaque vacciné fait sa propre protéine S à partir du code injecté dans le vaccin. C’est une source non négligeable de rapidité de la production.
  • Et surtout, pour aller vite, la recette c’est : plus d’argent, moins de paperasse. Et c’est ce qui s’est passé, à une échelle jamais connue auparavant. Et pourtant, toutes les étapes concernant la sécurité vaccinale ont été respectées. Des institutions internationales indépendantes y ont veillé. Quand un évènement anormal était observé dans une étude, cette étude a été momentanément arrêtée. Elle ne pouvait reprendre que si un comité scientifique indépendant avait décidé que cette observation ne remettait pas en cause la sécurité et l’efficacité du vaccin. Les études concernant les vaccins qui ont été ‘mis sur le marché’ ont effectivement reçu tous les ‘feux verts’. Certaines études sur d’autres vaccins contre le Covid ont été effectivement arrêtées.

Et pourquoi l’industrie pharmaceutique aurait-elle avantage à mettre les gens en danger ? On ne peut pas en même temps lui reprocher de vouloir gagner de l’argent avec les vaccins et de vouloir faire faillite en ne les testant pas correctement !

Y-a-t-il eu des morts dans les études des vaccins contre le Covid avant leur autorisation ?

Oui ! mais jamais dus au vaccin.

  • Il faut bien sûr s’attendre à ce que des maladies habituelles, qui n’ont rien à voir avec le vaccin, surviennent après la vaccination comme elles seraient survenues sans vaccination. On appelle ça ‘le bruit de fond’! Il est le même chez les vaccinés et les non-vaccinés. C’est le système de surveillance des effets indésirables des médicaments et des vaccins, qu’on appelle ‘pharmacovigilance’, qui permet de déterminer si de tels évènements doivent être attribués au vaccin ou au hasard.
  • Comme on pouvait s’y attendre, sur quelques dizaines de milliers de personnes (la population d’une petite ville française) suivis pendant plusieurs mois, quelques décès ont été observés dans les études : 6 par exemple pour l’étude concernant le vaccin Pfizer : ils étaient 4 dans le groupe ‘contrôle’ qui n’avaient reçu qu’une injection d’eau salée et 2 chez les ‘vrais’ vaccinés. Aucun n’était dû au vaccin…mais à la probabilité statistique qu’il y ait des infarctus, des accidents vasculaires cérébraux, des aggravations de cancers, dans ces populations étudiées et ces tranches d’âge…et même, comme ça a été le cas dans certaines des études publiées, un homicide ou un suicide !
  • Et ça continue : il y a forcément des décès qui surviennent dans les jours ou les semaines après la vaccination et qui ne sont pas dus à des effets indésirables des vaccins ! Et plus il y a de vaccinés dans une population, plus il y aura de décès chez des personnes vaccinées ! Les vaccins protègent contre le Covid, mais ils ne protègent pas de la mort par infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, cancer…ou accident de voiture ! Les vaccins sont exceptionnellement mortels…mais quoi qu’il en soit, ils ne rendent pas immortels !

Les effets indésirables des vaccins contre le covid-19 et leur surveillance

Une fois un vaccin approuvé par l’Agence européenne du médicament, est-ce que la surveillance des événements indésirables s’arrête ?

Non, au contraire elle s’est intensifiée sur la base de l’observation des personnes vaccinées. Ce suivi est fait en France systématiquement chez tous les vaccinés par l’Agence nationale de sécurité du médicament, qui publie régulièrement ses constatations. Les différents centres de pharmacovigilance régionaux du territoire sont responsables du suivi spécifique d’un vaccin : le centre régional de Besançon, par exemple, a en charge le suivi du vaccin Moderna. Même si certaines affaires d’effets indésirables à des médicaments ont fait la une des médias dans le passé, la France est actuellement un des pays qui a une des meilleures surveillances des effets indésirables de tous les produits utilisés dans le cadre des soins et de la santé en général. Pour toutes ces surveillances, qu’on appelle des ‘vigilances’, il y a un site internet unique, le portail des vigilances ( signalement.social-sante.gouv.fr/psig_ihm_utilisateurs/index.html#/accueil ). Pour y accéder, il suffit d’entrer ‘portail des vigilances’. Tout le monde peut déclarer un cas, s’il en a connaissance, pas seulement les professionnels de santé. On parle de pharmaco-vigilance pour les médicaments et les vaccins, d’hémo-vigilance pour les produits sanguins, de matério-vigilance pour les matériels chirurgicaux et autres dispositifs médicaux, de nutri-vigilance pour les compléments alimentaires… Il est peut-être utile de signaler aussi qu’actuellement, d’après les données de nutrivigilance, il y a plus d’effets indésirables graves, y compris certains qui entrainent la mort, après consommation de compléments alimentaires contenant des produits ‘naturels’ (comme le curcuma, Garcinia cambogia, le thé vert, ou la levure de riz rouge…), qu’après une vaccination !

Quelle est la durée de surveillance nécessaire pour établir la sécurité d'un vaccin ?

La très grande majorité des effets indésirables des vaccins surviennent dans les quelques jours, et au maximum dans les 6 semaines suivant la vaccination. On peut noter une exception : des narcolepsies (une maladie neurologique qui se manifeste par des endormissements anormaux) ont été observés après certains vaccins de la grippe H1N1 pandémique de 2009 en moyenne 10 semaines après l’injection. Par précaution, on allonge la durée de surveillance jusqu’à 6 mois, bien qu’il soit très improbable que des évènements surviennent aussi tardivement. Pour le vaccin contre le Covid-19, étant donné les craintes et la réticence d’un certain nombre de personnes, la surveillance est prévue d’être prolongée plusieurs années.
Le nombre de personnes vaccinées (plus d’un milliard dans le monde) dans un délai de quelques mois fait du vaccin anti-Covid-19 le vaccin le plus ‘surveillé’ dans l’histoire des vaccins (une histoire de plus de 150 ans, maintenant).

Où en est le suivi des vaccins contre le Covid-19 par la pharmacovigilance française ?

En France, d’après la pharmacovigilance française (qui dépend de l’Agence nationale de sécurité du médicament), au 19/08/2021:

  • Plus de 83 millions d’injections de vaccins contre le Covid-19 ont été réalisées au total
  • Plus de 66 millions d’injections avec COMIRNATY (BioNTech-Pfizer, ARN messager)
  • Plus de 8 millions d’injections avec SPIKEVAX (Moderna, ARN messager)
  • Près de 8 millions d’injections avec VAXZEVRIA (AstraZeneca, vecteur viral)
  • Près de 1 million d’injections avec COVID-19 VACCINE (Janssen/Johnson & Johnson, vecteur viral).

Sur ce nombre considérable d’injections vaccinales, il y a eu 0,09% de cas déclarés en pharmacovigilance (quelle que soit leur gravité), dont 75% de cas sans gravité. La grande majorité des cas ‘graves’ sont des réactions inflammatoires immédiates après la vaccination et dans ces cas, il n’y a pas eu de décès.

Faut-il craindre des effets indésirables qui ne se manifesteraient que dans 10 ans, 20 ans, …ou dans la génération suivante ?

Il n’y a pas d’exemple d’effets indésirables des vaccins qui ne se seraient manifestés que très tard après la vaccination, mais certes, les vaccins contre le Covid bénéficient de nouvelles technologies et tout peut arriver à une personne dans les 30 ans qui suivent une vaccination! Le risque relatif de la vaccination est considérablement plus faible que le risque d’avoir un accident de voiture ou de décéder d’un cancer du poumon des suites d’une consommation de tabac : ces deux risques sont, eux, bien établis.

La vaccination contre le Covid peut-elle rendre stérile ?

Il n’y a aucun exemple de vaccin contre des maladies infectieuses qui ait rendu la population humaine vaccinée stérile (on aurait eu plus de 150 ans pour s’en apercevoir…). Il n’y a aucune possibilité pour les ARN messagers vaccinaux ou les virus vecteurs d’interférer avec les ovules ou les spermatozoïdes ou avec le déroulement de la fécondation et de la grossesse.
On n’a pas non plus établi de relation entre le vaccin et des troubles des règles ou une aggravation de l’endométriose.
La grossesse n’est pas en soi une contre-indication à la vaccination. En revanche, les femmes enceintes présentant un Covid-19 symptomatique ont 3 fois plus à risque d’être admises en soins intensifs et presque deux fois plus de risque de décéder du Covid-19 que les femmes qui ne sont pas enceintes. La vaccination des femmes enceintes est donc tout particulièrement recommandée.
Les fausses couches spontanées ont été surveillées de près par le système français de pharmacovigilance : quel que soit le type de vaccin contre le Covid utilisé, il n’y a pas plus de fausses couches que dans la population générale, en dehors de la vaccination.

Quels sont les effets indésirables les plus fréquents des vaccins contre le Covid, en général ?

De très loin (plus de 90%), ce sont les réactions inflammatoires qui surviennent et disparaissent dans les 48 heures après l’injection vaccinale. Une réaction inflammatoire est ‘désirée’ pour l’efficacité du vaccin. Mais elle peut devenir ‘indésirable’ pour le système de surveillance qui collecte les réactions jugées excessives (on n’est jamais assez prudent…). En fait, le ressenti de la réaction inflammatoire ‘normale’ est plus ou moins marqué selon les individus ; mais attention : « ne rien avoir senti » ne veut pas dire que le vaccin ne « marchera pas »!
Les réactions inflammatoires sont répertoriées par les systèmes de surveillance nationaux et internationaux quand elles sont considérées comme ‘anormalement importantes’ ou quand elles durent trop longtemps : quand la douleur est très importante, quand la fièvre est trop élevée (plus de 39°), ou quand on observe des ganglions dans l’aisselle, par exemple ; on parle même « d’événement indésirable grave » dans ces cas, surtout s’il y a eu hospitalisation. Ces réactions inflammatoires ‘violentes’ représentent la majorité des ‘évènements indésirables graves’ observés chez les vaccinés, et elles n’ont entrainé aucun décès.

Quels sont les effets indésirables les plus fréquents des vaccins à ARN messager ?

Des paralysies faciales ; des syndromes de Guillain-Barré (maladies neurologiques) ont été observés, quel que soit le type de vaccin. Ce sont des observations très rares, mais déjà faites depuis longtemps pour d’autres vaccins (utilisant d’autres technologies, et contre d’autres maladies que le Covid), d’où l’attention particulière portée à ce type d’évènement par les centres de pharmacovigilance. Ces paralysies disparaissent généralement comme elles sont apparues, sans séquelles. Ce sont des maladies qui sont très soigneusement suivies par le système de surveillance nationale des vaccins.
Un certain nombre de cas d’hypertension artérielle qui n’étaient pas connue avant la vaccination, ainsi que de rares cas de myocardite et de péricardite (inflammation du cœur, dont l’origine virale est la plus commune, mais qui peuvent survenir quand on sollicite beaucoup le système immunitaire) ont été observés après la vaccination par ARN messager. L’analyse détaillée de ces cas se poursuit pour déterminer le lien exact avec le vaccin. Leurs symptômes et leur prise en charge médicale ne diffèrent pas des formes habituelles de ces pathologies cardio-vasculaires.
Les cas de thrombose (accidents vasculaires cérébraux, phlébites, embolies) observés après vaccination par un vaccin à ARN messager ne diffèrent ni en fréquence ni en caractéristiques cliniques de ceux observés dans la population générale des mêmes âges.

Quels sont les effets indésirables les plus fréquents des vaccins à vecteur viral ?

Des cas inhabituels d’anomalies de la coagulation sanguine et de thrombose chez des personnes vaccinées ont été observées après quelques semaines d’utilisation à grande échelle du vaccin à vecteur viral développé par Astra Zeneca. Le pourcentage de thromboses n’était pas significativement différent de ce qui pouvait être attendu dans une population de la taille de celle des vaccinés par ce vaccin. Cependant, il s’agit de localisations rares de thrombose pour l’âge auquel elles ont été observées, comme certaines localisations cérébrales rares chez des femmes jeunes, et de troubles de la coagulation ‘immunologiques’ particuliers. Comme on sait que des anomalies de la coagulation et des thromboses sont observées dans les formes graves de Covid-19 et que ces formes graves sont dues à un excès de réponse immunitaire, pour l’instant la possible responsabilité de la réponse immunitaire contre le vaccin, chez des personnes qui ont une prédisposition à ce type d’accidents, est retenue. Le nombre de cas reste cependant extrêmement limité, comparé aux centaines de millions de personnes vaccinées avec ce vaccin (en particulier au Royaume Uni et dans les pays scandinaves). En France, en date du 19/08/2021, 65 cas ont été observés. D’après l’Agence européenne, ce type d’évènement indésirable est aussi observé avec le vaccin développé par Janssen ; mais seuls deux cas ont été constatés en France avec ce vaccin, sans décès. En France, les décès observés à la suite de ces thromboses atypiques sont les seuls qu’on puisse raisonnablement relier à la vaccination, et ils représentent moins d’un cas par dix millions d’injections vaccinales. La plupart des cas ont été observés avant les modifications d’indication de ce vaccin quant à l’âge (cf. rubrique à ce sujet)
Le rapport entre le bénéfice d’une protection contre le Covid-19 et le risque de ces évènements indésirable reste très en faveur du bénéfice, étant donné la gravité de la maladie Covid-19 et les conséquences qu’elle entraine mondialement, comme l’ont rappelé l’Agence européenne des médicaments, l’OMS, et la Haute Autorité de Santé française. Les complications à type de thrombose, en particulier, sont extrêmement fréquentes dans les formes graves de Covid où elles sont souvent responsables du décès des patients.

Pourquoi les tranches d’âge concernées par le vaccin à vecteur viral développé par Astra Zeneca étaient d’emblée différentes de celles concernées par les vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna) et pourquoi ont-elles changé avec le temps en France ?

Il ne s’agit pas de décisions contradictoires, même si cela peut y ressembler ! C’est le résultat des observations faites avec l’utilisation de ce vaccin, depuis la période des premières études en 2020 jusqu’à fin Mars 2021 après l’autorisation d’utilisation à grande échelle.

  • Les premiers résultats publiés des études sur le vaccin Astra Zeneca avant sa commercialisation concernaient en majorité une population féminine relativement jeune (personnel soignant), et très peu de personnes de plus de 65 ans. L’Agence de sécurité du médicament française avait donc recommandé, dans l’attente de résultats complémentaires sur de plus grands nombres de personnes et d’autres tranches d’âge, de réserver ce vaccin aux personnes de moins de 65 ans.
  • Des études complémentaires, fondées sur les résultats obtenus lors des vaccinations de masse au Royaume Uni, et tout particulièrement en Ecosse, ont montré que la protection obtenue dans les tranches d’âge supérieur à 65 ans était aussi bonne que chez les personnes plus jeunes. Il n’y avait donc plus de raison de priver les personnes plus âgées de ce vaccin.
  • La survenue de troubles de la coagulation accompagnés parfois de thromboses inhabituelles, et tout spécialement chez des personnes relativement jeunes, a incité l’Agence de sécurité du médicament, en France et dans quelques autres pays d’Europe, à limiter l’administration de ce vaccin aux personnes de plus de 55 ans.
  • Le suivi des cas d’évènements indésirables suspects d’être en relation avec ce vaccin et les autres vaccins au cours des prochains mois permettra d’affiner encore les indications plus précises des différents vaccins.

Maladie covid-19 et vaccination : vaccination des ‘anciens’ malades du covid… et maladie covid chez des vaccines

Y a-t-il un danger ou au contraire un intérêt à vacciner quelqu’un qui déjà eu le COVID-19 ou qui a été infecté par le SARS-CoV-2 sans le savoir ?

Dans les études concernant les vaccins, il y avait des patients qui ont déclaré la maladie juste après la vaccination ; ils avaient donc été infectés juste avant la vaccination.
Il n’y a pas eu d’effet indésirable particulier. Même si le nombre de ces patients n’est pas très grand, le risque théorique d’avoir plus de problèmes avec le vaccin dans cette situation est extrêmement faible, si le vaccin n’est pas administré trop tôt après la maladie Covid. Les vaccins à ARN messager (Pfizer ou Moderna), qui donnent le moins de réaction inflammatoires immédiates, sont conseillés.

  • En France, les personnes ayant fait la maladie Covid sont maintenant incluses dans la population ‘à vacciner’. Il est préférable de ne pas vacciner trop tôt après le Covid. Le délai entre la maladie et le vaccin ne doit pas être inférieur à 3 mois. Et au vu des dernières études sur l’immunité après Covid, un délai de 6 mois semble être une option raisonnable ; c’est celle qui est actuellement recommandée. A ce stade, une seule injection de vaccin est nécessaire. Le certificat de vaccination avec le QR code nécessaire au Passe sanitaire est délivré après cette injection vaccinale unique. Ensuite, l’indication d’un rappel est le même que pour la population générale des vaccinés.
Y-a-t-il un danger ou au contraire un intérêt à vacciner une personne qui vient d’être en contact avec un malade atteint de Covid-19 ?

La recommandation, en France, est de ne pas vacciner une personne qui vient d’être en contact avec un patient, essentiellement pour ne pas compliquer l’analyse des données d’efficacité et de surveillance des effets indésirables.
Dans certains pays, quand une exposition au virus est possible, on vaccine et on vaccine l’entourage. Cette attitude est suggérée par certains résultats des études du vaccin Moderna. Il sera intéressant de suivre les résultats obtenus par cette vaccination chez des personnes à haut risque de contamination très récente et des personnes en contact avec des personnes positives en RT-PCR (diagnostic de l’infection active par SARS-Cov-2). On ne pourra juger d’une éventuelle protection contre des formes avec symptômes, et surtout des formes graves, chez ces personnes-‘contacts’, qu’en étudiant de très grands nombres de personnes vaccinées dans cette situation, et en faisant des études comparatives avec, par exemple, des médicaments anti-viraux. En termes de ‘bénéfice’ comparé au ‘risque’, si la protection des ‘cas-contacts’ contre des formes graves ou prolongées de la maladie se confirme, la vaccination sera certainement une alternative très préférable au traitement de ces personnes par des anti-infectieux, comme l’hydroxychloroquine ou l’ivermectine dont les effets sur le virus ont fait l’objet de rapports scientifiques contradictoires et dont les effets indésirables sont, eux, bien connus et plus fréquent que ceux des vaccins.

Est-on mieux immunisé par l’infection naturelle que par le vaccin ? Est-ce qu’on perd ses anticorps contre le Covid avec le temps ?

Il semble que le vaccin provoque une immunité aussi efficace et aussi prolongée que la maladie Covid, quelle que soit sa gravité, mais pas plus.
On a des exemples de vaccinations qui protègent beaucoup mieux que l’infection naturelle: c’est le cas en particulier du tétanos, où on vaccine systématiquement les patients qui ont fait cette maladie, car l’infection par le bacille tétanique n’apporte pas de réponse immunitaire durable, alors que la toxine tétanique modifiée qui est dans le vaccin le fait magnifiquement bien !
Avec le recul actuel, l’immunité acquise par le vaccin contre le Covid-19 dure au moins six mois, mais elle diminue lentement et progressivement ensuite, si on considère la persistance des anticorps qui neutralisent le virus. Les études scientifiques actuelles sur l’immunité des vaccinés montrent que cette baisse est particulièrement significative chez les personnes âgées et les personnes immunodéprimées. Il y a encore débat sur la permanence dans le temps des autres aspects de l’immunité (celle qui met en jeu des cellules qui tuent les cellules infectées par les virus). Les études scientifiques vont se poursuivre pour définir dans quels délais des rappels seraient indispensables pour protéger au mieux l’ensemble de la population (jeunes et vieux, immunodéprimés, patients atteints d’autres infections, etc.).
Fin Août 2021, par précaution pour obtenir une couverture vaccinale optimale, les recommandations nationales en France sont de faire un rappel par un vaccin à ARN messager:

  • En priorité, chez les personnes de plus de 65 ans vaccinées qui ont reçu la deuxième dose de vaccin (quel qu’en soit le type, ou la seule dose de vaccin Janssen) depuis plus de 5 mois, ainsi que les patients ‘fragiles’, atteints de diverses pathologies chroniques; mais aussi,
  • chez les personnes adultes vaccinées qui ont reçu la deuxième dose de vaccin (quel qu’en soit le type, ou la seule dose de vaccin Janssen) depuis plus de 5 mois ;
  • chez les patients immunodéprimés qui ont reçu une troisième dose de vaccin depuis plus de 5 mois ;
  • chez les patients adultes et âgés qui ont fait une maladie Covid-19 et reçu une dose de vaccin depuis plus de 5 mois.
Peut-on avoir la maladie Covid-19 après avoir été vacciné ? Peut-on (et faut-il) revacciner après la guérison ?

Après la première injection vaccinale, l’immunité n’est pas complète, donc la survenue de la maladie Covid est tout à fait possible ; dans ce cas, on se trouve dans la situation d’un ‘rappel’ par la maladie.
Après la deuxième injection vaccinale, certaines personnes ne ‘répondent’ pas au vaccin, pour des raisons d’âge, de maladies associées, ou simplement de certaines propriétés de leur système immunitaire personnel (rien n’est aussi ‘individuel’ que le système immunitaire, d’où notre inégalité vis-à-vis des maladies, en particulier infectieuses). On sait depuis les premières grandes études cliniques des vaccins contre le Covid que l’efficacité à prévenir la maladie est d’environ 90%, ce qui est très bien…mais aucun vaccin n’est parfait (sauf peut-être les vaccins anti-tétanique et anti-diphtérique dont l’efficacité est proche de 100%). On peut donc s’attendre à ce qu’un vacciné sur dix soit infecté par le virus.
Les vaccins actuellement utilisés ne protègent pas complètement contre l’infection elle-même, c’est-à-dire contre la fixation des virus sur les cellules du nez et de la gorge (ils ne stimulent pas -ou très peu- le type d’anticorps -les IgA secrétoires- qui protègent les muqueuses respiratoires et intestinales)
Mais on sait aussi, depuis les premières études, que le vaccin empêche la survenue de formes graves qui obligent à l’hospitalisation dans un service de réanimation/soins intensifs. De plus, grâce à la vaccination, il y a moitié moins de formes prolongées de Covid-19. En effet, selon une étude britannique, les adultes vaccinés ont un risque diminué de 49 % de développer un ‘Covid long’.
Dans les deux cas de survenue du Covid après vaccination (complète ou incomplète), dans l’état actuel de nos connaissances, il est conseillé de faire une nouvelle injection de vaccin à ARN messager entre 3 et 6 mois après la maladie, et de suivre ensuite les mêmes préconisations que celles concernant les personnes vaccinées, pour le rappel.

Est-ce que certaines personnes sont ‘génétiquement’ protégées contre le Covid-19 et peuvent se dispenser de la vaccination ?

Une association statistique a été trouvée entre certains groupes sanguins et la ‘sensibilité’ à la maladie; cette association est variable selon les populations dans le monde, car la répartition des groupes sanguins n’est pas la même dans les différents pays. Elle reflète d’autres associations avec des gènes qui commandent nos réponses immunitaires (les ‘HLA’, qui déterminent le rejet des greffes d’organes, sont les plus connus, mais il y en a bien d’autres !).
Il ne faut pas confondre ‘association statistique’ et ‘protection’: la différence de risque en fonction des caractéristiques génétiques est de quelques pourcents. De plus elle est modulée par l’histoire de chaque personne (son lieu de vie pendant l’enfance, les autres maladies qu’elle a eues, son régime alimentaire et son poids, parmi les facteurs les mieux connus). La protection par les vaccins, elle, est de 90%. Qui préfèrerait un gilet pare-balle à un char blindé pour se protéger contre un tir de kalachnikov ?!

Est-ce que certaines personnes sont ‘génétiquement’ exposées à faire des formes graves de la maladie Covid ?

D’après une étude française récente, un quart des formes graves de Covid seraient dues à des facteurs génétiques en relation avec une réponse immunitaire ‘anormale’ des patients.

Est-ce qu’on peut se dispenser des ‘gestes barrières’ dès qu’on a reçu la première dose de vaccin ?

SURTOUT PAS !

  • Ce qui est sûr, c’est que la personne vaccinée est protégée contre la maladie, à titre personnel, 1 semaine après la deuxième dose.
  • Ce qu’on suppose, sur des données encore incomplètes, c’est que la vaccination complète (avec ses 2 doses) n’empêche pas le virus d’infecter notre gorge et notre nez, donc n’empêche pas totalement la contagion. Mais, si on s’infecte, la période contagieuse dure moins longtemps.
  • Et pour la protection personnelle, comme pour prévenir la contagion, une seule dose est insuffisante.
  • En attendant que la plupart des personnes soient complètement vaccinées, et que la circulation du virus soit devenue très basse, les gestes barrière s’imposent !

L’éfficacité des vaccins contre le covid, en général.

Les vaccins protègent-ils à 100% ? Peut-on faire la maladie Covid quand on a été vacciné ?

D’après les études faites avant l’utilisation des vaccins dans la population générale, l’efficacité était de 80 à 95% selon les vaccins, ce qui était un excellent score. L’utilisation en population sur des centaines de millions de personnes (dont de nombreuses personnes très âgées, des personnes immunodéprimées, et des personnes souffrant de pathologies chroniques ou multiples, qui ne sont pas inclus dans les études préalables), l’efficacité des vaccins semble proche de 80% ; ce qui est encore très bien.
Il est inévitable que des cas de Covid surviennent chez des personnes vaccinées :

  • Le plus souvent parce que la contamination a eu lieu dans les 3 semaines après la première injection, donc avant la mise en place d’une réponse immunitaire correcte
  • Parfois après la deuxième injection, chez des patients qui pour des raisons tenant à leur système immunitaire personnel (spontanément, ou à cause de maladies associées) n’ont pas ‘répondu’ au vaccin.

Mais le risque de formes graves est très diminué;
Et le risque de formes cliniques qui nécessitent une hospitalisation est également très diminué.  Plus la couverture vaccinale de la population est élevée, plus le risque diminue. D’après les calculs basés sur les données disponibles fin Août 2021 sur la couverture vaccinale et les nombres de patients hospitalisés en France pour Covid :

  • En juin 2021, les non-vaccinés avaient 2 fois plus de probabilité (c’est-à-dire de risque, de malchance, en l’occurrence !), d’entrer à l’hôpital pour Covid-19 que les vaccinés.
  • Fin Août 2021, après la vaccination d’une majorité des français, selon leur âge, les non-vaccinés ont entre 8 et 35 fois plus de risque d’être hospitalisés pour Covid que les vaccinés
  • Etre jeune et en bonne santé ne remplace pas le vaccin: alors que chez les non-vaccinés le risque d’être hospitalisé pour Covid est considérablement plus bas chez les adultes jeunes que chez les personnes âgées (observation faite dès le début de la pandémie), une personne de 20 à 40 ans non-vaccinée a une fois et demie plus de risque d’être hospitalisée pour Covid qu’une autre âgée de plus de 80 ans complètement vaccinée.
Les vaccins peuvent-ils augmenter le risque de forme grave de Covid-19 ? Ou protègent-ils contre les formes graves ?

Le risque d’aggraver la maladie était une hypothèse qu’on ne pouvait pas écarter initialement, car il y a quelques exemples pour d’autres maladies, comme la dengue, une maladie virale d’Asie et d’Amérique du Sud.
Ce risque a donc fait l’objet d’une attention particulière au cours du développement des vaccins contre le SARS-CoV-2. Les résultats des études étaient clairs : il y avait beaucoup moins de formes graves chez les vaccinés ; pas plus!
Mais, bien-sûr, comme d’autres effets hypothétiquement possibles, cela a été surveillé dans le cadre du suivi épidémiologique du Covid, en vie réelle, depuis que la vaccination se fait à grande échelle. Là encore, on n’a pas vu d’augmentation des formes graves mais une diminution considérable.
D’après les calculs basés sur les chiffres disponibles fin Août 2021 sur la couverture vaccinale et les nombres de patients hospitalisés en France pour Covid :

  • Fin Août 2021, les non-vaccinés ont entre 10 et 60 fois plus de risque d’être hospitalisés en réanimation/soins intensifs pour Covid-19 que les vaccinés.
  • Là encore, le risque d’être hospitalisé en réanimation/soins intensifs en fonction de l’âge est totalement inversé : être jeune et en bonne santé ne remplace pas le vaccin !

N’oublions pas le problème des Covid longs. Certains patients, surtout parmi les jeunes, qui guérissent du Covid, peuvent parfois présenter pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois des symptômes très invalidants comme une fatigue extrême, une fatigabilité importante à l’effort, des difficultés respiratoires, une perte prolongée de l’odorat ou du goût.

En atteignant un certain seuil de couverture vaccinale, limitera-t-on la circulation de la maladie ?

Pour le moment, le but de la vaccination est toujours de protéger les personnes les plus à risque de faire des formes graves de la maladie. Par conséquence, on allégera aussi la charge des établissements hospitaliers qui les prennent en charge ! C’est cette protection individuelle qui avait été prouvée par les études qui ont été faites sur quelques dizaines de milliers de personnes avant l’autorisation des vaccins.
Ces études ne permettaient pas de répondre à la question de la prévention de la contamination par le virus dans la population. Elles ne répondaient pas non plus à la question de la couverture vaccinale, c’est-à-dire « combien faut-il de vaccinés et d’anciens malades pour que le virus ne circule plus ? ».
Mais on sait, d’après les données épidémiologiques françaises établies fin Août 2021, près de 9 personnes sur 10 hospitalisées pour Covid pendant l’été 2021 n’étaient pas vaccinées.
On ne pourra répondre à toutes les questions sur la couverture vaccinale que quand l’effort vaccinal aura été maximal dans un certain nombre de pays, et que le temps donnera le recul suffisant pour étudier l’immunité acquise par la population.

L’éfficacité des vaccins contre le covid est-elle menacée par les variants ?

Les mutations (anglaise, australienne, sud-africaine…et suivantes, qu’on désigne maintenant par des lettres grecques !) ont-elles des conséquences sur l’efficacité des vaccins ?

Les mutations sont des ‘variations’ dans les gènes d’un virus. Ces mutations (inévitables) sont d’autant plus fréquentes que ce virus se multiplie et circule beaucoup dans les populations. Les mutations se répercutent automatiquement dans l’ARN messager, et donc dans les protéines du virus.

  • Fin 2021 plus de 95% des virus SARS-Cov2 qui circulent en France métropolitaine sont des variants « delta » (détectés initialement en Inde), qui sont plus ‘transmissibles’ que le virus initial et les variants qui ont suivi. Ces variants sont également en train de devenir prioritaires dans les Départements et Régions d’Outre-Mer.

Les variants sont, au départ, issus de mutations ‘au hasard’, mais si ces mutations leur donnent un avantage, les virus qui les portent vont avoir tendance à se multiplier plus que ceux qui étaient moins adaptés. On va donc les retrouver progressivement plus souvent à l’origine des infections.

  • Si ces mutations touchent surtout la protéine S, il y a un risque théorique d’inefficacité des vaccins qui sont basés sur cette protéine S.
  • Le système immunitaire est fait pour jouer la sécurité ; pour le système immunitaire, c’est la loi ‘de la ceinture et des bretelles’ ! Chaque personne fabrique des milliers de cellules et des centaines d’anticorps différents contre cette seule protéine ; on ne fabrique pas ‘un anticorps contre le virus’, ou ‘un anticorps contre la protéine S’, mais ‘une mosaïque d’anticorps’. Avec cette mosaïque d’anticorps, il y a de grandes chances que les zones modifiées par les mutations soient ‘couvertes’ par les anticorps qui reconnaissent des zones voisines de la protéine S.
  • Mais, c’est vrai qu’une modification trop importante de la protéine S pourrait permettre au ‘nouveau’ virus d’échapper à la protection vaccinale. C’est ce qui se passe régulièrement pour les virus de la grippe. Donc on fait des nouveaux vaccins tous les ans…Ce
    pourrait être le cas pour certains variants, comme le variant ‘omicron’ récemment apparu, d’abord en Afrique du Sud, puis progressivement dans les autres pays.
  • Il semble cependant que les vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna) gardent une efficacité presque complète vis-à-vis des formes graves dues au variant delta qui circule en France, et un peu diminuée vis-à-vis des formes symptomatique de gravité faible ou moyenne ; la protection contre ce variant delta assurée par le vaccin à vecteur viral d’Astra Zeneca est plus faible, et la protection assurée par une seule injection du vaccin Janssen n’est pas suffisante; il est recommandé d’effectuer une deuxième injection après
    le vaccin Janssen avec un vaccin à ARN messager ; puis de suivre les recommandations générales pour les injections de rappel. En effet, l’injection de rappel avec un vaccin à ARN messager semble apporter un ‘plus’ important à l’efficacité du vaccin contre le variant delta, et un certain degré d’efficacité contre le variant omicron (à confirmer sur un plus grand nombre de personnes exposées à ce variant).
  • La meilleure prévention contre l’émergence de variants est d’augmenter le pourcentage de vaccinés dans la population: moins le réservoir de virus (c’est-à-dire les personnes qui n’ont été ni malades du Covid ni vaccinés) est important, moins on a de risque de voir émerger de nouveaux variants dans une population donnée. Le variant ‘omicron’ se présente d’ores et déjà comme un variant préoccupant, qui confirme s’il en était besoin la nécessité d’une réflexion vaccinale au plan mondial.
Pour les vaccins contre la grippe, il faut des mois pour adapter les nouveaux vaccins aux nouveaux virus : ça serait la même chose pour les vaccins anti-Covid ?

Un des avantages des vaccins à ARN, c’est la capacité des laboratoires à synthétiser ‘à la demande’ et très rapidement de nouveaux ARN messagers ‘copie conforme’ des nouveaux virus mutants.

  • Les nouveaux vaccins contiendront un ARN ‘mutant’. C’est-à-dire tenant compte des mutations ‘préoccupantes’ les plus récentes.
  • Et nos cellules feront alors leur boulot d’ouvrières zélées et bornées : elles fabriqueront la nouvelle protéine du nouveau virus, et le système immunitaire s’adaptera automatiquement !
  • On pourra même adapter les vaccins aux zones géographiques concernées, si c’est nécessaire.
Devra-t-on se faire vacciner tous les ans comme pour la grippe ?

Ça va dépendre :

  • De la durée de la protection par le vaccin. Et aussi de
  • De l’apparition de variants qui échapperaient à la protection vaccinale ‘de l’année d’avant’.
  • Du caractère saisonnier ou non de l’infection (pour le moment, on a l’impression d’une certaine recrudescence avec le froid, mais ça n’est pas totalement clair, car il y a eu une ‘4ème vague’ au cours de l’été 2021 dans plusieurs régions françaises).

Et pour le moment, on n’en sait rien sur le long terme, il faut bien l’avouer ! Le Covid-19 est devenu un problème pour l’humanité…à la fin de l’année 2019 !

Quel est le délai à respecter entre le vaccin Covid et un autre vaccin ?

Pour le moment, on considère qu’il est préférable d’avoir un délai de 14 jours entre le vaccin Covid et un autre vaccin.

  • Ce délai n’est pas motivé par des raisons d’efficacité. L’administration concomitante de plusieurs vaccins renforce souvent l’efficacité, mais dans le cas actuel, on n’avait pas de données suffisantes pour le dire.
  • Ce délai est surtout imposé pour pouvoir différencier d’éventuels effets indésirables qui pourraient survenir après l’un ou l’autre des deux vaccins ; donc pour simplifier la situation en cas de problèmes.
  • L’introduction d’une troisième dose en automne/hiver 2021 fait actuellement proposer de la coupler à la vaccination anti-grippale, car on admet qu’on a des données suffisantes de pharmacovigilance pour associer maintenant les deux vaccins.
Quel est l’intérêt de vacciner les adolescents ?

Depuis la prédominance du variant delta comme source d’infection en Europe et la vaccination d’une grande proportion de personnes parmi les plus âgées, la circulation du virus s’est accélérée dans les tranches d’âge les plus jeunes, avec plus d’observations de formes accompagnées de symptômes, et aussi de symptômes prolongés dans le temps (‘Covid longs’) chez les enfants et adolescents. Bien qu’on en parle très peu, le Covid-19 symptomatique est tout à fait possible chez les enfants, et même chez les nourrissons de moins d’un an, comme le montrent plusieurs études, dont une très bien documentée au Canada sur plusieurs centaines de cas. Mais évidemment, la première source de protection des enfants et adolescents, c’est que les adultes soient vaccinés.
Les Agences européenne et française du médicament ont donné le feu vert depuis plusieurs semaines pour la vaccination des adolescents de plus de 12 ans et la vaccination de cette tranche d’âge a largement commencé en France. Fin Août 2021, plus de 60 % des 12-17 ans ont reçu une 1ère dose et 40 % sont complètement vaccinés. Les données de pharmacovigilance au 18 Août 2021 confirment la grande sécurité de la vaccination contre le Covid-19 par les vaccins à ARN messager dans cette tranche d’âge. Les quelques cas de myocardite ou péricardite après la deuxième dose chez les garçons ne viennent pas tempérer l’intérêt important de la vaccination chez les adolescents.
Ces cas très rares et presque toujours sans conséquence d’effets indésirables de la vaccination doivent être mis en balance avec l’exclusion scolaire itérative et les problèmes psychologiques aggravés par les périodes de confinement dans cette tranche d’âge. De plus, freiner la circulation du virus dans cette tranche d’âge est cruciale pour éviter l’apparition de nouveaux variants, et pour contribuer à la reprise d’une vie normale par l’ensemble de la population.

Où en est-on de la vaccination des enfants ? Y-a-t-il intérêt à les vacciner alors qu’on dit que « ils ne font pas de Covid graves » ?

Même si plusieurs pays (les USA et Israël, en particulier) anticipent dès maintenant la vaccination des enfants de moins de 12 ans, et que des études sont en cours pour définir les conditions de sécurité de la vaccination anti-Covid chez l’enfant, en France, la recommandation
de vacciner tous les enfants de moins de 12 ans n’est pas encore formellement donnée ; et pour le moment la meilleure protection des enfants passe par la vaccination du reste de la population (adultes de tous âges et adolescents)
. L’importante diffusion du virus dans la population à partir des enfants en automne/hiver 2021 pose cependant la question d’une extension de la vaccination aux enfants dans un délai qui dépendra du suivi de cette 5ème vague de la pandémie.
Dans son avis du 6 Décembre 2021, le Comité d’orientation de la stratégie vaccinale recommande la vaccination des enfants de 5 à 11 ans qui ont au moins une maladie associée qui les met à risque de Covid grave, ainsi que celle des enfants vivant dans l’entourage d’une personne immunodéprimée, au sein même du foyer. Le seul vaccin actuellement autorisé est la forme pédiatrique du vaccin Pfizer-BioNTech, qui est trois fois moins dosée que la forme adulte du vaccin.
Même si les enfants et les adolescents ne font pas autant de formes graves de Covid que les adultes, et infiniment moins que les personnes âgées, il existe des formes graves, très particulières, de Covid-19 chez les enfants. Dès le mois d’Avril 2020 une alerte avait été lancée du Royaume-Uni devant l’observation de cas qui ressemblaient à un syndrome rare mais grave, bien connu comme cause infectieuse de vascularite fébrile chez l’enfant, le syndrome de Kawasaki, chez de jeunes patients avec des RT-PCR positives pour Sars-Cov-2. De tels cas de ‘syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique post infectieux’ ou ‘PIMS’, qui surviennent 3 à 4 semaines après le début de l’infection par le virus SARS-Cov-2, ont depuis été observés en France : 520 cas dont les deux tiers ont nécessité une hospitalisation en réanimation/soins intensifs, avec un décès, chez des enfants et des adolescents. Des cas similaires, dont des cas mortels, heureusement rares, ont maintenant été décrits partout dans le monde.

Que sait-on du variant omicron du virus SARS-Cov-2 ?

Le nouveau variant ‘omicron’ a été détecté fin 2021 en Afrique du Sud ; il s’est très rapidement diffusé dans les pays africains voisins et dans le monde, en dépit de l’arrêt (relatif…) du transport aérien à partir de ces pays . Ce variant tend maintenant à ‘remplacer’ très rapidement le variant delta, qui était jusqu’en décembre 2021 à l’origine de la plupart des contaminations par le SARS-Cov-2 en France. La protéine du ‘spicule’ (‘spike’, en anglais) de ce variant omicron, qui sert de ‘clé d’entrée’ dans les cellules du système respiratoire, est très différente de celle des précédents variants et du virus initial qui avait émergé fin 2019, car les mutations sont multiples.

« Le variant omicron a deux caractéristiques :
1 son extrême contagiosité, et sa possibilité d’infecter des personnes qui ont déjà fait un Covid, ou qui sont déjà vaccinées. Cela explique l’augmentation considérable du nombre de cas de Covid, prouvés par une PCR ou un test antigénique positif, dans la population, en France comme dans les autres pays.
2 une moindre capacité à donner des formes graves de la maladie Covid. La première raison est la vaccination préalable d’une grande majorité de la population. L’immunité conférée par deux doses de vaccin a une efficacité beaucoup plus faible sur le variant omicron que sur les variants précédents. Cependant, l’administration d’une dose de rappel par un vaccin à base d’ARN messager (Pfizer ou Moderna) restaure presque complètement cette efficacité (ce qui n’est pas le cas des autres vaccins). D’où l’intérêt d’accélérer la mise en œuvre de cette dose de rappel, chez tous les adultes vaccinés, et cela dès 3 mois après la deuxième dose (ou après la première dose chez les patients ayant fait un Covid). La circulation intense du variant omicron chez les enfants fait aussi préconiser la vaccination des enfants de 6 à 12 ans dans les meilleurs délais. Les études préliminaires semblent indiquer aussi une moindre capacité de ce variant à donner des formes graves chez les non-vaccinés, mais ces observations doivent être confirmées sur de plus grands nombres de patients, car les personnes ‘à haut risque de formes graves’ sont peu nombreuses chez les non-vaccinés »

La vaccination n’est-elle pas responsable de l’émergence du variant omicron ?

C’est une idée fausse ! En effet, il est vrai que la résistance opposée aux différents variants successifs de coronavirus par le système immunitaire des individus, associée à une circulation élevée des virus dans une population donnée, contribue à faire ‘émerger’ de nouveaux variants, qui contournent la réponse immunitaire. Mais il faut noter que l’Afrique du Sud, où omicron a ‘émergé’ est un pays où le taux de personnes vaccinées (23% de la population) est très inférieur à celui (plus de 70%) observé dans les pays européens, par exemple. L’émergence des variants précédents avait eu lieu soit avant la mise en œuvre de la vaccination (variant dit ‘anglais’) ou dans des pays peu vaccinés (variant delta). La fréquence du sida, avec une importante immunosuppression, dans les populations du sud de l’Afrique peut avoir contribué à favoriser la prolifération des virus et l’émergence d’un variant. La ‘jeunesse’ de la population sud-africaine peut aussi avoir joué un rôle, en favorisant une circulation très importante des coronavirus chez des personnes infectées mais avec des maladies inapparentes.

L’observation des autres épidémies et pandémies, dans le passé, montre qu’elles sont finalement stoppées par l’émergence des variants les plus bénéfiques au virus : ceux qui lui permettent de se multiplier le plus possible sans donner de maladie sévère, à plus forte raison mortelle : il n’est jamais bon pour un virus, mais aussi une bactérie, et surtout un parasite, de tuer ses hôtes ! C’est un raisonnement ‘écologique’ assez simple, l’équilibre entre un prédateur et ses proies. Espérons qu’omicron nous achemine sur cette voie… ou le variant suivant.

D.A. Vuitton (Professeur émérite d’Immunologie Clinique, Université de Franche-Comté ; membre de l’Académie Nationale de Médecine), et les membres du Groupe de Travail ‘Covid-19’ du Conseil Local d’Appui en Santé Publique de la Ville de Besançon

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