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Besançon et ses fortifications

fortifications

Après la reconquête, Louis XIV décide de faire de Besançon un des bastions de l'est de son royaume et charge Vauban de cette réalisation. Ce dernier va réaliser à Besançon un ouvrage gigantesque à la mesure d'un site exceptionnel et particulièrement complexe.

Vauban écrit à Louvois en 1678 : « Faites achever les desseins de la ville et de la citadelle qui ne peuvent être meilleurs et considérez après Besançon comme une des meilleures places de l'Europe, et sur laquelle le roi peut se reposer plus que sur une autre qui soit dans son royaume ». Toute la ville, le clergé y compris, doit participer aux dépenses, mais l'imposition subie est si importante que Louvois accepte qu'une partie des frais soit prise en charge par le trésor royal.

Parce qu'il avait conduit le siège de 1674 contre la ville, Vauban en connaît tous les points faibles. Il exploite donc au mieux les caractéristiques de défense naturelle que présente le site de Besançon, avec

  • la citadelle, pièce maîtresse de l'ensemble sur la partie la plus étroite et la plus élevée ;
  • l'enceinte de la rive droite avec le fort Griffon, des bastions et des demi-lunes ;
  • un système novateur sur la rive gauche avec les tours bastionnées, prenant en compte les hauteurs environnantes, qui, plus élevées que la citadelle, offraient des positions stratégiques à l'assaillant.

L'enceinte qu'il conçoit succède aux fortifications médiévales restaurées et complétées par Charles Quint au XVIe siècle. Vauban réutilise les anciennes fortifications chaque fois que cela est possible, effectuant ainsi une formidable adaptation des ouvrages au site de la ville.
Ses travaux sont réalisés en trois étapes :

  • de 1675 à 1683 la ville est pourvue d'une puissante citadelle ;
  • de 1675 à 1695, les fortifications de l'enceinte de la boucle et de la ceinture de Battant sont reconstruites ;
  • à partir de 1680, des casernes sont édifiées sur des espaces libres à l'est de la cité : les casernes Saint-Paul et Saint-Pierre, pour abriter les 1 500 à 2 000 soldats de la garnison.

De nombreux ingénieurs vont travailler dans la cité sous sa direction et lui-même viendra une vingtaine de fois pour surveiller les travaux.

La citadelle

La citadelle est l'un des éléments du système de défense parfaitement cohérent conçu par Vauban pour protéger Besançon et affirmer le pouvoir du roi sur la ville et la province. Construite sur le sommet du rocher fermant le méandre du Doubs, elle s'étend sur douze hectares et surplombe de plus de cent mètres la vieille ville

L'enceinte de la boucle

Construite sur la rive gauche du Doubs, cette enceinte ceinture la boucle formée par le méandre de la rivière. La construction des remparts débute en même temps que la citadelle et à peine achevée, la ceinture urbaine est constamment réparée, améliorée et modifiée.

Remarquables innovations de Vauban, les premières tours bastionnées flanquant cette enceinte urbaine ont été construites à Besançon à partir de 1687. Plus petites que les bastions, elles ont deux étages de feux : le supérieur à ciel ouvert et l'inférieur pour mettre les canons à l'abri des feux plongeant des hauteurs avoisinantes. Ces tours permettent de résoudre le problème de commandement que les hauteurs voisines, Bregille et Chaudanne, avaient sur les ouvrages de la ville

Vauban, soucieux de ménager la vie des hommes, réalise ces ouvrages en partie avec de la brique car les éclats de ce matériau provoqués par les boulets étaient moins dangereux que les éclats de pierre.

L'enceinte urbaine de Battant

Les fortifications de Battant ont été réalisées de 1677 à 1688. À partir de 1677, l'enceinte est tracée par l'ingénieur Montille d'après les plans de Vauban. Située sur la rive droite du Doubs, elle enserre le quartier Battant. Le point le plus élevé est le fort Griffon, dont la construction est décidée par Vauban en 1680 et qui peut être considéré comme une seconde citadelle.

La ceinture de Battant possédait trois portes d'entrée, protégées chacune par un bastion et une demi-lune ; un glacis s'étendait en avant des ouvrages.