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: Monuments historiques

Monuments historiques

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Deux cents monuments inscrits ou classés, cent hôtels particuliers, le deuxième secteur sauvegardé de France, une citadelle et des fortifications inscrites au patrimoine de l'Unesco et... 2 700 escaliers du XVII° au XIX° siècles, c'est là la réalité du patrimoine bisontin, l'un des plus considérables qui soient pour une ville de cette importance, et l'un des mieux préservés.

Au long des trois voies principales qui suivent le tracé de l'époque antique et, par-delà le pont, de la Boucle aux quartiers de Battant et d'Arènes, aucune altération du paysage urbain. Les édifices se pressent les uns à côté des autres, dans une unité de matériaux parfaite. Et au bout de chacune des rues de traverse, le gros bouquet d'arbres de la campagne environnante qui fait chanter le vert dans le bleu-ocre des pierres.

Antiquité

Rome a laissé là des traces majeures avec la Porte Noire, récemment restaurée, magistral et exceptionnel arc de triomphe au décor décidé par Marc-Aurèle en personne alors qu'à deux pas, le rare square archéologique Castan est comme une évocation poétique de l'antiquité revisitée par le XIX° siècle. Partout ailleurs, dans le sous-sol, les vestiges de ces temps bénis, des objets parfois uniques au monde et un gros lot de mosaïques qui disent la splendeur d'alors.

Le Moyen-âge

Le Moyen âge se fait plus rare depuis les modernisations du XVIII° siècle qui en trouvait les décors barbares : quelques maisons, vénérables, qu'on redécouvre peu à peu, un ou deux sanctuaires et la beauté du vaisseau de Saint-Jean, la cathédrale rescapée, là pour témoigner de la puissance de l'église et de l'ambition de ses prélats.

XVIème et XVIIème siècles

A la Renaissance, Besançon est la halte obligée des influences où se conjuguent les savoirs de l'Europe septentrionale et la nouveauté venue de l'Italie. Les Granvelle et les leurs en sont les pourvoyeurs. Avec la prééminence de leurs positions internationales et la sûreté de leurs choix arrive ici le goût nouveau : le Palais Granvelle est là pour témoigner de cet âge d'or aux pieds du trône des Habsbourgs.

Le siècle qui suit sera celui des désastres de la guerre et de la fin des libertés pour la ville. Un rêve plusieurs fois centenaire qui s'évanouit sur le spectacle grandiose de la Maison du roi assiégeant la cité, du tonnerre des canons de Louis XIV. Le pays bascule tout entier dans le pré-carré du Bourbon. Trente ans durant, Vauban fortifie la ville ; il couronne le mont Saint-Etienne d'une citadelle imprenable, aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'Unesco et fait courir huit kilomètres de remparts. Besançon est désormais cette place forte imprenable.

XVIIIème siècle  

Le Siècle des Lumières qui s'ouvre est celui du triomphe de l'architecture et de l'urbanisme, de l'affirmation des talents des créateurs et des rêves partagés par beaucoup pour le progrès et la modernité. Parlement, intendance, état-major, administrations de la Couronne ont amené ici le gros bataillon des nouvelles fortunes, cette classe de parvenus tout à la fois nourris d'ambitions et soucieux de se fondre rapidement dans les pas de l'aristocratie. La ville se métamorphose à l'unisson d'une France qui entre alors dans la modernité.

Partout on rebâtit ; les églises, trop vieilles, trop « gothiques », remplacées par l'ampleur des vaisseaux à l'antique, à la Madeleine, à Saint-Pierre, après les beautés Rocailles de la chapelle du Refuge ou du Saint-Suaire, à Saint-Jean ; les hôtels particuliers, parfois immenses, aux décors insoupçonnés de lambris sculptés, de trumeaux, de cheminées, de parquets, tous conservés encore et qui font de Besançon un vrai répertoire des arts décoratifs d'alors ; les grands monuments où se conjuguent les traits des habitudes locales et ceux de la modernité comme à l'intendance ou au théâtre, sans oublier les grands corps de casernes, les promenades et les jardins, les fontaines..
Nicole, Colombot, Bertrand, Lapret, Strabat en sont les maitres locaux, qui accompagnent, ça et là, le prestige de ceux qui viennent de Versailles et de Paris, Ledoux, Chagrin, Louis ou Perrard de Montreuil.

XIXème, XXème et XXIème siècles

L'architecture et l'urbanisme du XIX siècle brillent de beaux noms, comme ceux de Delacroix, de Marnotte, de Ducat, de Vieille ou de Boutterin ; L'éclectisme est à la mode, qui vous fait passer d'un néo-classicisme serein, romain, aux pastiches sagement pompiers de la fin du siècle. C'est le temps du bien fait, du bien dessiné, du joli, d'une certaine fraicheur qui continue de séduire le regard et de contenter l'esprit.

Depuis, bâti ancien et modernités s'accordent : une belle façade de verre et de couleurs des années cinquante, l'intérieur d'un musée réaménagé par Louis Miquel, élève de Le Corbusier, une école d'horlogerie 1930 par Guadet, une usine par Auguste Perret avant que Josep Lluis Sert, le cabinet Architecture Studio ou Kengo Kuma apportent leurs talentueuses et nécessaires contributions à ces deux mille ans d'histoire urbaine