Un plan bois-énergie

En novembre 2006, dans le cadre de sa politique de développement des énergies renouvelables, la Ville déploie sur son territoire un « Plan Bois-Energie», effectif pour une période de 2007 à 2013. A travers cette stratégie à la sobriété énergétique, il s'agit de recourir à une énergie renouvelable, en alternative aux énergies fossiles.

En tant que combustible, le bois revêt différents atouts : c'est une ressource moins chère que le gaz et le fioul, et elle est également moins polluante. En outre, son utilisation permet le développement d'une activité économique locale.

Le plan Bois-Energie sur le patrimoine de la Ville de Besancon

Le « Plan Bois-Energie » prévoit le remplacement des chaudières au gaz par des chaufferies bois, dans les bâtiments de la Ville propices à recevoir l'installation.
Il s'agit principalement de groupes scolaires et d'écoles. L'objectif est de concevoir 10 sites sur 5 ans, substituant ainsi 15 % de gaz naturel. Le rythme de construction de chaufferies bois en substitution du gaz se poursuit à raison d'une chaufferie par an. Fin 2010, 22 % de l'objectif fixé était atteint en termes d'énergie substituée et d'émissions de CO2 évitées.

En 2010, les chaufferies installées dans les groupes scolaires Fontaine-Ecu, Brossolette et Viotte avaient permis d'éviter le rejet de 226 tonnes de CO2. Les perspectives pour 2011-2012 sont la construction d'une nouvelle chaufferie bois au groupe scolaire des Vieilles-Perrières, ainsi que d'une chaufferie bois et d'un réseau de chaleur, pour deux des plus gros consommateurs d'énergie de la Ville: le Palais des Sport et la Piscine Mallarmé.Ces installations permettront d'éviter le rejet de 1 070 tonnes de CO2 par an (bilan prévisionnel pour fin 2011). Le développement de la filière «Bois-Energie » est renforcé par une collaboration entre la Ville de Besançon et l'Agglomération du Grand Besançon, qui a construit une plateforme de stockage et de séchage pour le bois local pouvant accueillir un volume de 6 300 m3 apparents de plaquettes, sous un hangar. Cette plateforme opérationnelle depuis 2008 est gérée par ONF Energie.

Pour info

1 tonne équivalent carbone c'est (à peu près...) :
1 an de chauffage au gaz pour un 3 pièces à Paris
ou 1 aller-retour Paris - New York en avion
ou 1,8 tonnes de papier
ou 14000 km de Twingo en ville
ou 8500 km de 4×4 en ville
ou 20 aller-retours Paris-Londres en avion

Les principaux objectifs du « Plan Bois-Energie »

  • utiliser les énergies renouvelables et locales en substitution des énergies fossiles,
  • réduire les émissions de gaz à effets de serre,
  • réduire les charges et les coûts de fonctionnement en utilisant un combustible moins coûteux que les énergies fossiles et autres.
  • valoriser le bois des forêts de Franche-Comté, dont celles de Besançon,
  • soutenir le développement de la filière bois en matière d'approvisionnement (en lien avec la Communauté d'agglomération),
  • développer une activité économique locale.

Des objectifs atteignables à travers 3 axes :

  • Axe 1 : la valorisation de la desserte énergétique du territoire : installation de nouveaux moyens de production sur le réseau de chaleur de Planoise, construction de futures chaufferies à l'horizon de 2013-2014 (20M€), études pour la création de réseaux de chaleur dans les futures zones aménagées des Vaîtes et de Vauban.
  • Axe 2 : la création de réseaux de chaleur avec différents maîtres d'ouvrage dont la Ville de Besançon. (Quartier mallarmé).
  • Axe 3 : l'installation de chaufferies-bois en rénovation des chaufferies du patrimoine de la ville soit une à deux par an).

Développement de la filière bois au niveau local

En adoptant le « Plan Bois-Energie », la municipalité de Besançon soutient à un niveau local, des stratégies de développement de la filière bois énergie impulsées au niveau européen (FEDER) et national (CPER, contrat de projets Etats-Régions 2007-2013 dont la Ville fait partie).

Ces stratégies suivent plusieurs axes de développement : le « Plan Bois-Energie » est particulièrement approprié et vivement plébiscité dans notre région, du fait de l'offre importante de ressources au niveau local en matière de surface boisée. La Région Franche-Comté possède 43% de surface boisée, avec 50% de forêts publiques permettant une meilleure maîtrise de la ressource et des coûts. Le territoire franc-comtois est la 2ème région de France en termes de surfaces forestières, mais ceci n'est pas une raison pour prélever sans compter cette richesse : il ne s'agit pas de commettre les mêmes erreurs que celles commises avec les ressources fossiles et les matières premières.

La Ville de Besançon fait partie des 1 744 communes forestières de Franche-Comté avec 2 400 hectares d'espaces verts dont la forêt de Chailluz (2 044 hectares). Chaque année, elle peut ainsi fournir  près de 2 000 t de bois pour l'approvisionnement des chaufferies bisontines. Le bois représente 18,4 % des ressources énergétiques de la chaufferie urbaine de Planoise.

Opérations réalisées par la Ville

Un camion-souffleur pour livrer les chaufferies-bois.

La Ville de Besançon est la première collectivité en France à se doter d'un camion souffleur. 
De nombreux bâtiments municipaux présentent une chaufferie juxtaposée à une ancienne soute qui recevait autrefois du charbon. Ces soutes ont libéré des volumes importants et non utilisés, pouvant recevoir un stockage de bois déchiqueté ou granulés de bois.
Ce procédé présente des atouts techniques et financiers :

  • la suppression de la construction d'une trappe pour déverser le bois dans le silo (économie importante du coût de construction du silo et de la trappe de remplissage),
  • l'approvisionnement des chaufferies inaccessibles avec un camion benne,
  • la livraison du bois déchiqueté, sans réaliser de manoeuvre, ni déversement quelconque (livraison sécurisée en agglomération).

Des chaufferies bois dans les écoles !

Certains étblissements scolaires bisontins ont déjà pu être équipés de chaudière bois, comme c'est le cas pour les groupes scolaires, Brossolette, Fontaine Ecu et Viotte. D'autres le seront bientot. La prochaine mise en service de chaufferie bois aura lieu en septembre prochain, au Groupe scolaire Vieilles Perrières. 

 Elimination des cendres 

Une démarche globale et cohérente

Les cendres générées par la combustion du bois sont majoritairement valorisées par épandage agricole.
Une chaufferie automatique au bois (plaquettes forestières) de 230 kW produit environ 1 650 kg de cendres par an :

  • 1 500 kg de cendres sont valorisables : récupérées à l'extrémité des grilles du foyer de la chaudière et convoyées par vis sans fin dans un bac à cendres.
  • 150 kg de cendres ne sont pas valorisables : les résidus du nettoyage de la chaudière, les poussières et particules récupérées dans l'échangeur de la chaudière.

L'élimination des cendres 

  • Elimination des cendres non valorisables : elles sont analysées puis stockées. Après analyse d'un échantillon de 3 kg, les cendres sont destinées à un centre d'enfouissement classé selon sa catégorie ( en fonction des différentes classes de combustible).
  • Elimination des cendres valorisables : elle s'effectue par épandage agricole. En effet, les cendres remplacent la majorité des molécules présentes dans les engrais agricoles et dont le sol a besoin. Présentant une composition riche en minéraux, elles représentent une composition très fertile.

Par une convention avec la Ville de Besançon, la Chambre d'Agriculture du Doubs met en relation cette dernière avec un agriculteur local. Elle se charge également de réaliser un dossier de déclaration préfectorale des épandages de cendres et d'effectuer l'ensemble des analyses de cendres et de sol, afin de garantir la compatibilité du procédé de valorisation.